Ségolène Royal cible le manque de "cohérence" de Manuel Valls en matière d'écologie et l'accuse d'avoir cédé aux lobbys

Publié à 08h50, le 04 janvier 2017 , Modifié à 08h50, le 04 janvier 2017

Ségolène Royal cible le manque de "cohérence" de Manuel Valls en matière d'écologie et l'accuse d'avoir cédé aux lobbys
Ségolène Royal et Manuel Valls © PHILIPPE LOPEZ / AFP

Nous sommes début janvier et on ignore encore pour qui votera Ségolène Royal à la primaire de la Belle Alliance Populaire. Elle-même assure ne toujours pas savoir vers qui ira sa voix. Au moins peut-on penser que la ministre de l'Écologie ne glissera pas un bulletin au nom de son ancien n+1, aka Manuel Valls.

Ségolène Royal ne s'est jamais privée de critiquer l'ancien chef du gouvernement, y compris lorsque ce dernier était son supérieur hiérarchique. Il n'est donc pas surprenant de voir l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007 poursuivre sur sa lancée maintenant que Manuel Valls n'est plus Premier ministre. Invitée de France 2 ce mercredi 4 janvier, la ministre de l'Écologie s'en prend ainsi au candidat à la primaire, ciblant notamment son manque de "cohérence" en matière de protection de l'environnement.

Mardi, Manuel Valls a présenté son programme pour la primaire de la Belle Alliance Populaire. L'ancien occupant de Matignon a parlé d'écologie, proposant par exemple de regrouper l'industrie, l'énergie et la protection de l'environnement au sein d'un même ministère ou de créer 1 million de logements rénovés par an. Pas de quoi convaincre Ségolène Royal. Elle dit :

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Dans la vie politique, il faut de la cohérence entre ce qui est dit et ce qui est fait. Les responsables politiques doivent être jugés sur leurs actes avant d'être jugés sur les promesses. […] Il y a des choses, des convictions différentes, une vision différente du futur par rapport aux enjeux du développement durable.

 

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Et Ségolène Royal de rappeler donc l'épisode des boues rouges au cours duquel elle s'est publiquement opposée à celui qui était encore Premier ministre. En septembre dernier, Manuel Valls n'a pas voulu retirer l'autorisation que l'Etat a donnée à l'entreprise Alteo de rejeter des substances toxiques dans le parc national des Calanques. Une position à laquelle s'est farouchement et publiquement opposée Ségolène Royal qui accuse aujourd'hui l'ancien Premier ministre d'avoir cédé aux lobbys. Sur France 2, elle poursuit :

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Il faut faire preuve de beaucoup de courage, résister aux différents lobbys. Ce n'est pas toujours ce qui a été fait. Souvenons-nous de l'accord qu'a donné Manuel Valls pour le rejet des boues rouges en Méditerranée par exemple, sur un chantage à l'emploi qui n'a pas de sens parce que détruire la nature, c'est détruire l'emploi.

 

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Ségolène Royal répète qu'elle ne sait pas encore pour qui elle votera à la primaire. Mais la liste se raccourcit. "Je ne demande qu'à être convaincue mais je jugerai aussi la cohérence entre les discours et les actes parce que ce qu'il faut c'est de la créativité mais c'est aussi de la crédibilité", ajoute-t-elle. Et comment ne pas, là encore, percevoir dans ses mots une attaque déguisée envers Manuel Valls qui, mardi, en présentant son programme pour la primaire, revendiquait "un droit à l'inventivité" ?

Il en est un, en revanche, qui bénéficie d'une grande prévenance de la part de Ségolène Royal : Emmanuel Macron. "J'observe avec bienveillance ce qui est fait, ce qui est dit, parce que c'est quelqu'un tourné vers le futur, qui essaye d'inventer le futur, qui connaît bien les enjeux de la mondialisation", dit-elle. Ce qui est autrement plus sympathique que les mots adressés à Manuel Valls.

 

[BONUS TRACK] Différence

Le nouveau slogan de Manuel Valls, "Une République forte, une France juste", ressemble étrangement à celui de Ségolène Royal en 2007, "Plus juste, la France sera plus forte". "Ça y ressemble", s'amuse Ségolène Royal, estimant que quand une idée est "bonne", "elle appartient à tout le monde". Et hop, 1-0 pour l'immodestie.

La ministre de l'Écologie ne peut toutefois s'empêcher de noter une différence, ce qui lui permet une nouvelle fois de critiquer Manuel Valls :

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Il y a une inversion des concepts. Je pense que la France est forte quand elle est juste et qu'une France forte n'a jamais garanti la justice.

 

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Et Ségolène royal d'estimer que ce n'est pas la force qui conduit à la justice. "C'est l'inverse : c'est la justice qui donne de la force", dit-elle.  

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