Publié à 12h14, le 06 janvier 2018 , Modifié à 14h47, le 24 janvier 2018

VIDÉO - Philippot qualifie de "bêta" son tweet sur un faux SMS d'En Marche (qu'il n'a toujours pas supprimé 8 mois plus tard)

© Capture d'écran LCI

DÉSO PAS DÉSO - Dans les derniers jours de la campagne présidentielle, le Front national avait mis le paquet sur la diffusion de fausses nouvelles et autres intox. Parmi elles, le fameux (et grossier) faux SMS d'une section locale d'En Marche qui appelait à "tuer" et "détruire l'image" de Marine Le Pen. Alors vice-président du FN, Florian Philippot avait volontiers partagé cette fake news. Mais aujourd'hui à la tête de sa formation politique, Les Patriotes, le même reconnaît que cela était "un peu bêta" et promet de ne plus le refaire... sans pour autant pleinement corriger son erreur.

Sur LCI vendredi 5 janvier, l'eurodéputé est interrogé sur la volonté d'Emmanuel Macron de légiférer pour lutter contre la diffusion de fausses informations. Un projet de loi en gestation qui pose de nombreuses questions et contesté par Florian Philippot. Car derrière une "motivation louable" du chef de l'État, l'ancien bras droit de Marine Le Pen croit déceler un "objectif bien plus grave que cela" et pointe des "modalités d'application très dangereuses". Il ajoute :

Les fausses informations, très bien, mais je crois que c'est... D'abord chaque internaute, on peut se faire avoir, on peut se faire piéger.

 

Le journaliste de LCI s'engouffre dans la brèche et lui rappelle ce faux texto estampillé "Reims En Marche" que Florian Philippot avait diffusé sur Twitter le 5 mai en demandant "une explication" à Emmanuel Macron. L'intéressé fait amende honorable, plaidant l'erreur :

 

Oui j'avais relayé un texto, [...] un faux texto, bah voilà, on peut se faire avoir. [...] Bah oui, c'était un peu bêta et puis voilà, je me suis fait avoir. Je le ferai plus mais ceci dit, les violences avaient eu lieu quand même, la réalité existait. Mais je le ferais plus, tout le monde peut se faire avoir, j'imagine, avoir relayé sur une page Facebook quelque chose de faux.



Loin de nous la l'idée de contredire Florian Philippot : malgré toute la rigueur et les précautions du monde, "tout le monde" peut en effet, à l'occasion, commettre une erreur et "se faire avoir" par un fake, un canular, un hoax ou autre mauvaise information qui circule sur internet. Cela arrive. Mais lorsque c'est le cas, l'internaute de bonne foi reconnaît en général son erreur et supprime sa publication erronée, les plus honnêtes d'entre nous allant jusqu'à présenter des excuses à leurs abonnés. Et Florian Philippot a pour sa part fait... exactement le contraire.

Son tweet relayant le faux texto en question est toujours en ligne en ce début d'année 2018, plus de huit mois après et malgré tous les signalements d'internautes et les articles de presse publiés à ce sujet. Trois jours après avoir diffusé ce faux qui avoisine aujourd'hui les 3.000 partages, Philippot Florian avait juré ses grands dieux n'avoir "pas relayé de fake news" durant la campagne. 15 jours plus tard, il avait même publiquement assumé cette publication, jugeant que cela n'était "pas très grave".

¯\_(ツ)_/¯

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, rétorquerez-vous. C'est d'ailleurs ce que fait Florian Philippot lui-même sur LCI ce vendredi. "Mais ceci dit, on n'est pas des gens idiots, on apprend", argue-t-il avant de dérouler la suite de son argumentaire contre le projet de loi anti-fake news d'Emmanuel Macron :

Et puis vous êtes là, les médias, normalement votre métier c'est aussi de vérifier les sources. Et puis on sait que les réseaux sociaux se sont dotés de chartes éthiques. Et puis il y a des lois [...] : si vous êtes victime de diffamation, d'injure, vous déposez plainte, ça existe déjà.

 

Un argument qu'il avait déjà soufflé à Emmanuel Macron pour minimiser l'impact des fausses nouvelles que lui et d'autres cadres frontistes avaient relayées durant la campagne.

Et re ¯\_(ツ)_/¯ donc.



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