Wauquiez sur l’attentat de Magnanville : "Si le gouvernement avait agi, sans doute que cette famille aurait pu être préservée"

Publié à 10h09, le 15 juin 2016 , Modifié à 12h14, le 15 juin 2016

Wauquiez sur l’attentat de Magnanville : "Si le gouvernement avait agi, sans doute que cette famille aurait pu être préservée"
Laurent Wauquiez. © Captures d'écran BFM TV.

C’était le grand débat mardi 14 juin, après le double-meurtre d’un couple de policiers à Magnanville revendiqué par l’Etat islamique : le gouvernement a-t-il été trop laxiste ? A-t-il pris toutes les mesures nécessaires pour éviter cela ?

La droite et l’extrême droite ont aussitôt embrayé sur le procès en laxisme de l’exécutif mais il y en a un qui est allé plus loin dans les accusations : Laurent Wauquiez. Pour le numéro 2 de Les Républicains, le gouvernement aurait pu (dû ?) empêcher ce drame d’arriver. Invité de BFM TV, Laurent Wauquiez lance ainsi :

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Ce matin je suis écœuré et en colère. Écœuré parce que ça fait sept mois qu’on réclame qu’il y ait des vraies mesures prises sur ces personnes fichées S. Je suis en colère parce que si le gouvernement avait agi, si des vraies mesures avaient été prises, sans doute que cette famille aurait pu être préservée.

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Celui qui souhaite toujours placer les personnes suspectées d’être liés au terrorisme en rétention préconise la mise en place "d’une vraie loi d’exception" :

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Je ne comprends pas qu’on n’ait toujours pas intégré qu’il faut une vraie loi d’exception sur les terroristes et tous ceux qui sont complices ou suspects de rapprochement avec les activités terroristes. Pour moi, il y a une seule ligne : ces gens-là, soit ils sont enfermés, soit ils sont expulsés.

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"En dehors de l’état d’urgence, rien de sérieux n’a été fait", fustige encore, sur une position dure, le président de la région Rhône-Alpes-Auvergne alors que de très nombreuses mesures et lois contre le terrorisme ont été adoptées depuis 2011, comme le rappelle le site vie-publique.fr.

Face à ces accusations "d’angélisme" et à cette volonté de l’opposition de durcir encore une fois la législation, Manuel Valls a refusé la législation "fait divers" et répliqué que le gouvernement n’allait "pas adopter à chaque fois une nouvelle mesure". Durant les questions au gouvernement, mardi, le Premier ministre a prévenu, rappelant alors à Éric Ciotti que la droite avait voté "les 9 textes qui ont permis d’être ensemble quand le terrorisme nous attaque" :

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Je ne veux pas de la peine de mort, ni de Guantanamo, ni de la vente des armes parce que je sais aussi ce que peut donner ce modèle.

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Manuel Valls répondait au député LR qui, en compagnie de Laurent Wauquiez justement, a déposé une proposition de loi visant à permettre l’incarcération des personnes fichées S ou de retour de Syrie. On comprend donc que le Premier ministre n'est pas franchement ouvert sur ces différents points. Il a par ailleurs mis en garde contre toute tentative "d'aventure extra-judiciaire", soulignant à plusieurs reprises que "la démocratie, l'état de droit, et le sang-froid" étaient "le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme."

[BONUS TRACK] #AlerteLapsus

Dans son laïus sur les mesures à prendre pour lutter encore plus efficacement, selon lui, contre le terrorisme, Laurent Wauquiez s’emmêle légèrement les pinceaux et se fend d’un joli lapsus, demandant à ce que les peines soient "incompréhensibles" au lieu "d’incompressibles" :

 

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Quand on a un terroriste qui est condamné, pour moi, il y a 3 mesures qui sont indispensables. La première, je veux qu'il y ait des peines de sûreté automatiques, c'est-à-dire que les peines soient pour une partie INCOMPREHENSIBLES... incompressibles.

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A écouter ici :

Du rab sur le Lab

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