Affrontements à Asnières : le maire UMP Manuel Aeschlimann demande la démission de l’ancien maire PS Sébastien Pietrasanta

Publié à 17h27, le 02 février 2015 , Modifié à 06h29, le 03 février 2015

Affrontements à Asnières : le maire UMP Manuel Aeschlimann demande la démission de l’ancien maire PS Sébastien Pietrasanta
Manuel Aeschlimann et Sébastien Pietrasanta. © Montage via AFP.

EPISODE 2 – Ça continue à chauffer à Asnières-sur-Seine. Après que le député PS et ancien maire de la commune Sébastien Pietrasanta a écrit au ministre de l’Intérieur et accusé des collaborateurs de son successeur, dont une adjointe au maire, Nissa Bouhedid, d’avoir tenu des propos antisémites, le maire UMP Manuel Aeschlimann contre-attaque. Parallèlement à la démission d’une des personnes incriminées, Farid Djellab, qui travaillait au service concertation de la ville, l’édile UMP demande ainsi la démission du député socialiste de son poste de conseiller municipal d’opposition.

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Dans un communiqué, Manuel Aeschlimann "et son équipe" accusent Sébastien Pietrasanta d’avoir été "pris à son propre piège". Et demandent donc sa démission pour "non dénonciation de délit". Ils écrivent, faisant référence au communiqué de démission de Farid Djellab qui assure que l’élu socialiste était au courant de ses prises de position antisionistes, notamment sur son compte Facebook Armaguedoun Armaguedon :

On y apprend ainsi que M. Pietrasanta, bien qu’il s’en défende, était au courant des prises de position de M. Djellab durant son mandat. (…) Dans ses explications données à la presse, M. Pietrasanta prétend n’avoir pris connaissance des écrits de M. Djellab qu’en janvier 2014. Là est le véritable scandale : Découvrant selon lui des écrits antisémites, il aurait dû, en vertu de l’article 40 du Code de Procédure pénale, en faire le signalement au Procureur. Il ne l’a pas fait. Nous sommes donc en présence d’une NON DENONCIATION DE DELIT.

"Tout ça est un tissu de mensonges", répond Sébastien Pietrasanta qui estime que "la démission de Monsieur Djellab est un aveu criant" de ses accusations. "Ce n’est pas anodin qu’il démissionne", renchérit le député, contacté par le Lab. Il développe :

Au lieu de faire profil bas sur cette affaire qui fait tache pour Monsieur Aeschlimann, il cherche à polémiquer pour faire un contre-feu. Il parait surprenant que lui ne savait pas les contenus de Djellab. Pourquoi j'aurais eu connaissance des propos de Djellab à l'époque et pas lui ? Il était dans ma majorité alors pourquoi ne pas l'avoir dénoncé à l'époque ? Et quid de Nissa Bouhedid qui fait partie du même collectif que Djellab.

Manuel Aeschlimann de son côté ajoute :

Pourquoi, alors qu’il constatait ce qu’il considérait être un délit, M. Pietrasanta s’est il abstenu de le dénoncer, contrairement à ce que lui impose l’article 40 du Code de Procédure Pénale ? Est-ce parce que ces faits avaient été commis durant son mandat ? M. Pietrasanta est pris au piège de ses propres manipulations.

"En aucun cas on ne savait", affirme Sébastien Pietrasanta. Il explique :

C’était sous un pseudonyme. J’ai une histoire familiale qui fait je n’ai aucune tolérance vis-à-vis de ce genre de propos. De près comme de loin. Quand on l’a découvert, on l’a viré. Et je ne m’amuse pas à aller voir sur les chaines Youtube de tous les élus.

De son côté, Farid Djellab a donc démissionné afin, dit-il, "de ne pas mettre dans l’embarras l’actuelle équipe municipale". Et dément les accusations du député socialiste, assurant que "Monsieur Pietrasanta était au courant de (ses) prises de position". "J’ai lu dans la presse que M. Pietrasanta prétendait avoir découvert mon engagement fin janvier 2014 et qu’il avait décidé en conséquence de me virer. Cela est triplement faux", assure-t-il. Il poursuit, promettant "des suites judiciaires" :

Pour des raisons purement politiciennes, M. Pietrasanta a décidé de bruler ce qu’il a adoré. Sans vergogne, il a décidé de broyer ses ex équipiers pour tenter de salir l’actuel Maire et son équipe.

"Ils essayent de s’en sortir en contre-attaquant", rétorque le député PS qui se dit "satisfait que Monsieur Djellab quitte la mairie". Et de lancer, dépité :

Tout ça est grotesque.

Un collaborateur de Sébastien Pietrasanta balaye pour sa part l'accusation selon laquelle le parlementaire aurait attendu un an, soit le délai de prescription, pour dénoncer les faits aux autorités :

Sur les propos qu'on a fait remonter au ministre de l'Intérieur, il n'y a pas de prescription, puisqu'il s'agit de propos tenus essentiellement à l'été 2014.

Ce même collaborateur souligne également ce qu'il dénonce comme un comportement contradictoire de Manuel Aeschlimann :

Il nous a d'abord accusé de mentir, il nous a menacé de poursuites judiciaires pour faux. Et là, tout d'un coup, il admet que ces propos de Farid Djellab ont été bien été tenus. Donc il admet qu'on a raison depuis le début.

Voir les communiqués de la mairie d'Asnières et de Farid Djellab :

[Edit 18h48] - Ajout des déclarations du collaborateur de Sébastien Pietrasanta.

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