Christine Boutin ne veut pas qu'on parle de Bachar al-Assad comme d'un "boucher" ... par respect pour la profession

Publié à 10h07, le 27 février 2015 , Modifié à 14h08, le 27 février 2015

Christine Boutin ne veut pas qu'on parle de Bachar al-Assad comme d'un "boucher" ... par respect pour la profession
© AFP

C'EST PAS SYMPA POUR LES BOUCHERS - Invitée de Sud Radio ce 27 février depuis le Salon de l'Agriculture, Christine Boutin a salué la visite de quatre parlementaires en Syrie, à la rencontre pour certains de Bachar al-Assad. Surtout, la présidente d'honneur du Parti Chrétien-démocrate a estimé qu'utiliser le mot de "boucher" à l'encontre du dictateur - comme a pu le faire par exemple Manuel Valls - était "tout à fait déplacé" ... car non respectueux pour la profession de boucher :

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- Christine Boutin : Je trouve qu’ici [au salon de l'Agriculture, ndlr] utiliser le mot boucher est tout à fait déplacé car ici il y a des bouchers qui sont magnifiques !



- Sud Radio : C'est une comparaison un peu hasardeuse …



- Christine Boutin : Non non, c’est en parlant que je me rends compte qu’il faut faire attention à ce qu’on dit, le terme de boucher est par nature inappropriée. C'est un dictateur Monsieur Assad, d'abord.

 

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Sur le fond, Christine Boutin a toujours souhaité renouer un dialogue avec le dictateur syrien, seul à même aujourd'hui, selon elle, de protéger les chrétiens d'orient. Elle le redit ce vendredi :

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Il est certainement un homme peu fréquentable et effectivement très violent, c’est sans doute un dictateur mais moi depuis le début je pense que la politique européenne occidentale à l’égard de la Syrie n’est pas adaptée et qu’il convient d’avoir un contact avec Bachar al-Assad. Il faut absolument rétablir un dialogue, je salue l’initiative des parlementaires. (…) C’est bien ils vont faire bouger les choses.



Le plus important c’est que le dialogue soit rétabli et il y a urgence, on ne peut pas laisser les gens se faire massacrer comme cela, en particulier les Chrétiens. On doit faire de la realpolitik aujourd’hui.

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[EDIT 12H54] Comme Christine Boutin, la confédération Française de la Boucherie s'est émue dans un communiqué de l'emploi de cette expression. Dans ce texte publié le vendredi 27 février, les artisans bouchers dénoncent :  

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Encore une fois le manque de respect d’un homme politique est confondant d’ignorance. Il y a tant de synonymes dans les dictionnaires que c’est au mieux une facilité au pire une malveillance que de continuer à utiliser le mot boucher. Monsieur le Premier ministre, pouvez-vous cesser pour désigner quelqu’un que vous tenez pour un criminel d’employer ce mot sacré pour les 80 000 personnes – artisans, conjoints, salariés et apprentis – qui travaillent dans ce métier.

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[BONUS TRACK] Salon de l'Agriculture oblige, Christine Boutin se voit demander si elle sait traire une vache. L'ancienne ministre se lance alors dans un récit pour le moins ambigu de ses souvenirs de traite :

 

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J'ai fait ça mais il y a très très longtemps. C'est une pratique qui est assez déroutante. Parce qu'il y a le pis de la vache qui est chaud, il y a le liquide qui sort ...

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Réalisant le double sens de ses propos, elle éclate alors de rire.

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