Benoît Hamon file l'offensive d'Arnaud Montebourg : "nous ne sommes pas loin des frondeurs"

Publié à 10h46, le 24 août 2014 , Modifié à 11h13, le 24 août 2014

Benoît Hamon file l'offensive d'Arnaud Montebourg : "nous ne sommes pas loin des frondeurs"
Image Delphine Legouté


Comme un air d'avril 2013. Souvenez-vous, à l'époque, en moins de vingt-quatre heures, trois ministres lancent une offensive médiatique pour réclamer moins d'austérité. Plus d'un an plus tard, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon se posent de nouveau, de façon coordonnée, en pourfendeurs de la réduction des déficits à tout prix. Cécile Duflot, dernier élément du trio, a quant à elle choisi la sortie du gouvernement mais partage la ligne politique de ses deux ex-collègues dans un livre très critique.

Après le ministre de l’Économie dans le Monde le 23 août, c'est donc celui de l’Éducation nationale qui file l'offensive ce 24 août dans Le Parisien, le tout sur fond de Fête de la Rose, rassemblement annuel d'Arnaud Montebourg dont Benoît Hamon est l'invité d'honneur ce dimanche.

Comme son allié, Benoît Hamon plaide pour une "relance de la demande" après deux années de priorité donnée à la réduction des déficits. Comme son allié toujours, le ministre dit préférer "peser au sein du gouvernement" plutôt que de militer à l'extérieur. Le leader de l'aile gauche du PS va cependant plus loin en s'associant aux députés frondeurs :

Arnaud et moi ne sommes pas loin des frondeurs, mais notre problème n'est pas d'en prendre la tête. Notre volonté est d'être au service d'un rassemblement de la gauche et de peser au sein même du gouvernement.

La veille, Arnaud Montebourg s'emportait contre la réduction "dogmatique" des déficits imposée par Bruxelles et présentait ainsi son rôle au sein du gouvernement :

Je suis à mon poste de combat pour faire évoluer des politiques qui méritent d'être changées. Les choix politiques ne sont pas figés. (...) Il y a toujours une alternative.

Les deux hommes feront chacun un discours pour la Fête de la Rose ce dimanche, à Frangy-en-Bresse. Leur collègue ministre Aurélie Filippetti leur a lancé ce dimanche matin un "Belle journée" pas anodin :





Depuis les Comores le 23 août, François Hollande a quant à lui joué la partition du "tout le monde est raccord", laissant entendre que les demandes d'Arnaud Montebourg correspondaient bien à la politique menée à l'égard de l'Europe :

Je souhaite que nous puissions convaincre nos partenaires européens de donner une priorité à la croissance. Tous ceux qui portent cette idée sont les bienvenus et c'est la position de tout le gouvernement.

Même air entonné par Matignon auprès de l'AFP qui n'a trouvé "rien de choquant, rien de nouveau" dans l'interview du ministre de l'Economie :

La donne européenne est en train de changer. Le président de la République et le Premier ministre agissent dans ce sens et le Premier ministre attend du ministre un engagement total sur la loi Croissance et pouvoir d'achat.

Du rab sur le Lab

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