Pour Benoît Hamon, la politique de l’exécutif "menace la République"

Publié à 08h26, le 22 octobre 2014 , Modifié à 13h01, le 22 octobre 2014

Pour Benoît Hamon, la politique de l’exécutif "menace la République"
Benoît Hamon à Fontenay-sous-Bois © Marlene Awaad / IP3, Maxppp.

Trois anciens ministres socialistes se sont ajoutés, mardi 21 ocotbre lors du vote du volet recettes du Budget 2015, à la liste des 39 députés socialistes étiquetés "frondeurs" : Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et Delphine Batho. C’est "déplorable", a jugé ce mercredi 22 octobre le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, sur RTL.

Le numéro un socialiste député s'est ainsi dit "choqué" par le fait que deux ministres de la République qui ont quitté le gouvernement et "qui avaient accepté les arbitrages budgétaires en juillet se soient abstenus". "Ceci pose un problème éthique", ce "n'est pas loyal" et c'est "une attitude qui est pour moi déplorable", a dit le député de Paris.

Invité parallèlement sur RFI, Benoît Hamon a réfuté le terme de frondeur mais a tenu à justifier son abstention. "J’ai fait le choix, difficile, de m’abstenir qui est cohérent avec les raisons pour lesquelles je ne suis plus membre du gouvernement", a assuré l’ancien ministre de l’Education nationale. Il développe :

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Un désaccord sur une politique économique qui privilégie la réduction des déficits pour financer 40 milliards d’aides et de soutien aux entreprises. Ce déséquilibre est de nature à déstabiliser notre économie, que ça ne permet pas la relance. C’est la raison pour laquelle je me suis abstenu.

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"Mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas dans ce budget des mesures extrêmement positives pour les Français", reconnait-il néanmoins. Un Benoît Hamon qui estime pourtant que cette politique n’amènera pas de résultats. Et qui pense que la politique de l’exécutif "menace la République" et mène vers "un immense désastre démocratique", soit un nouveau "21 avril" en 2017.

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Non seulement l’arrivée de Marine Le Pen au second tour sans coup férir mais la menace que demain elle dirige le pays.

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Une sortie qui a fortement déplu à Stéphane Le Foll, proche de François Hollande et porte-parole du gouvernement. En réaction, il a invité l'ancien ministre de l'Education "à quitter le PS", pour être "en cohérence" avec ses propos.

[Edit 12h15] "Je ne vais pas quitter le PS"

Invité de France Info, Benoît Hamon s'est expliqué sur ses propos, arguant qu'il utilise cette expression pour "qualifier le risque FN". Et d'ajouter :

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Je ne vais pas quitter le PS.

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Il ajoute :

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Affaiblir l'Etat c'est donc prendre le risque d'affaiblir la République dans ses fondements les plus intimes. Et cet affaiblissement peut préparer à mes yeux le désastre démocratique d'une élimination des socialistes au premier tour de la présidentielle et d'un déferlement du Front National dans la vie politique française.

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