Ce tweet contre François Hollande que le frondeur Jean-Marc Germain n’a pas osé publier

Publié à 11h42, le 28 janvier 2015 , Modifié à 12h05, le 28 janvier 2015

Ce tweet contre François Hollande que le frondeur Jean-Marc Germain n’a pas osé publier
Martine Aubry, Jean-Marc Germain et François Hollande. © FRED DUFOUR / AFP

AUTOCENSURE – Il est l’un des députés socialistes à l’origine de "la fronde" au PS. Un terme qu’il réfutait mais que Jean-Marc Germain a fini par s’approprier, expliquant que "les frondeurs" étaient soutenus par "une écrasante majorité" des Français.

Dans son livre Tout avait si bien commencé. Journal d’un « frondeur », paru le 22 janvier 2015 aux éditions de l’Atelier, Monsieur Anne Hidalgo à la ville et proche de Martine Aubry livre son carnet de bord de député pas toujours en phase avec les choix du gouvernement et de François Hollande.

Le premier chapitre intitulé "Le jour où j’ai dit non !" revient d’abord sur la conférence de presse semestrielle de François Hollande à l’Elysée, le 18 septembre 2014. Soit deux jours après le vote étriqué de confiance au gouvernement Valls II qui acta les départs d’Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti. Le député PS des Hauts-de-Seine s’arrête sur une tournure révélatrice selon lui de l’état d’esprit du chef de l’Etat :

S’il n’y avait pas eu la confiance, le peuple aurait été appelé à renouveler l’Assemblée nationale.

A l’écoute de cette sentence, depuis son "petit bureau du quatrième étage de l’Assemblée nationale", Jean-Marc Germain s’emporte. "Mon sang n’a fait qu’un tour", écrit-il avant d’ajouter :

Comment peut-il dire cela ? La conséquence d’un vote négatif sur la confiance, ce n’est pas la dissolution, c’est la démission du gouvernement.

Une nuance de taille qu’il n’apprécie guère, voyant dans cette manœuvre de François Hollande une volonté, peut-être inconsciente, de faire de l’Assemblée nationale "une chambre d’enregistrement" donnant au chef de l’Etat "des pouvoirs de monarque".

Aussi commence-t-il alors à tapoter sur son smartphone un tweet enragé qu’il ne publiera pas mais qu’il livre dans son récit :

#ConfPR #votedeconfiance #dissolution : c’est un socialiste qui a théorisé le coup d’Etat permanent, c’est un autre qui l’expérimente aujourd’hui.

Mais Jean-Marc Germain se ravise avant qu’il ne soit trop tard. "Pas la peine de jeter de l’huile sur le feu", dit-il avant de reconnaître que "la formule est bonne mais clairement caricaturale". Il s’explique :

Celui qui, à gauche, s’est coulé le premier dans les institutions de la Ve République en acceptant la concentration du pouvoir dans les mains d’un seul homme sans égal ailleurs dans le monde, c’est l’auteur lui-même du livre Le Coup d’Etat permanent : François Mitterrand.

En effet, en 1964, alors opposant au Général de Gaulle, qui venait de faire passer, en 1962, par référendum l’élection du président de la République au suffrage universel direct, François Mitterrand écrit cet essai qui dénonce la dérive de la Ve République. A savoir un pouvoir personnel trop important accordé au chef de l’Etat. Moins de vingt ans plus tard, il entrera à l’Elysée et ne touchera pas à ce régime qu’il dénonçait pourtant avec virulence.

Du rab sur le Lab

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