Comment ne pas condamner les unes de Minute et de Valeurs actuelles contre Najat Vallaud-Belkacem, par Marine Le Pen

Publié à 09h02, le 04 septembre 2014 , Modifié à 10h47, le 04 septembre 2014

Comment ne pas condamner les unes de Minute et de Valeurs actuelles contre Najat Vallaud-Belkacem, par Marine Le Pen
© Reuters et captures d'écran Minute et Valeurs actuelles.

C'est un exercice de communication basé sur le changement de sujet. Invitée de RTL ce 4 septembre, Marine Le Pen est parvenue, face à un Jean-Michel Aphatie pourtant insistant, à ne pas condamner les unes de Minute et Valeurs actuelles, jugées racistes notamment à gauche, tout en ne les approuvant pas. Le Lab revient sur cette non-réponse en quatre temps.

[>> Pour retrouver ces unes, c'est ici]

#Le coup de la pub

C'est la toute première digression de Marine Le Pen lorsque son intervieweur évoque la une de Minute, "Une Marocaine musulmane à l'Education nationale, la provocation". Aborder ce sujet, c'est faire la publicité de l'hebdomadaire d'extrême droite (qui, précisons le, n'est pas pro-Marine Le Pen), lance la présidente du FN, qui ose la comparaison avec les prises d'otage et la question des rançons :

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A chaque provocation de cet hebdo, ils ont une pub incroyable. Ils vont continuer ! C’est comme les prises d’otage, si à chaque fois on paye la rançon on multiplie les prises d’otage, c’est pareil avec Minute !

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#La pauvre choute

De la pub, d'accord, mais condamne-t-elle cette "provocation" ? Là, Marine Le Pen répond de nouveau à côté, expliquant qu'elle ne veut pas susciter la "compassion" à l'égard du gouvernement :

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Je pense que l’on a survictimisé Madame Najat Vallaud-Belkacem comme on a survictimisé Madame Taubira pour essayer de susciter la compassion à l’égard de ce gouvernement.

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#Et nous alors ?

Troisième élément, la référence aux autres victimes de la presse, à savoir son père et même, pour renforcer la démonstration, un opposant politique, Nicolas Sarkozy. Même si ce n'est pas vraiment sur leurs origines que ces deux personnalités ont été attaquées :

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On avait le cuir moins sensible quand c’était Jean-Marie Le Pen qui était trainé dans la boue ou quand c’était, d’ailleurs, Nicolas Sarkozy ! Pour une fois je viens en soutien à l’ancien président !

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#Attaquons-là sur autre chose

Relancée une quatrième fois sur le fond des attaques des deux médias, à savoir les allusions aux origines de Najat Vallaud-Belkacem, Marine Le Pen finit par parler d'une "stupidité totale" et rappelle que la ministre a d'autres choses à se reprocher - comme sa promotion d'une supposée "théorie du genre" à l'école :

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Je pense que c’est d’une stupidité totale [de ramener la ministre à ses origines, ndlr] car il y a énormément de choses à reprocher à Najat Vallaud-Belkacem et surement pas en l’occurrence ses origines.

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Deux unes "stupides", tel sera donc le dernier mot de Marine Le Pen sur le sujet.



BONUS TRACK



Non, décidément, Marine Le Pen ne dira rien de positif sur la nouvelle ministre de l'Education nationale. Alors que Jean-Michel Aphatie lui demande si elle est au moins, à ses yeux, "un exemple d'intégration réussie", la leader frontiste botte de nouveau en touche en disant préférer ... Rachida Dati, plus proche des valeurs du FN selon elle :

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Je trouve pas ... parce que moi je préfère à la limite Rachida Dati, dont je pense que les positions sont en train de se rapprocher des nôtres, qui me paraissent plus respectueuses des règles de la République que Najat Vallaud-Belkacem qui, manifestement, n’a rien compris puisqu’elle ne défend pas l’assimilation, elle défend le communautarisme.

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