Delphine Batho va sortir un livre sur la "collusion avec les lobbys au sommet de l’État"

Publié à 15h51, le 05 septembre 2014 , Modifié à 19h27, le 17 octobre 2014

Delphine Batho va sortir un livre sur la "collusion avec les lobbys au sommet de l’État"
Delphine Batho, le 4 juillet 2013 © REUTERS/Benoit Tessier
Image Etienne Baldit


RENTRÉE LITTÉRAIRE - Encore un peu de lecture pour François Hollande. Après le brûlot de Cécile Duflot et le récit explosif de Valérie Trierweiler, un autre livre politique à venir devrait trouver sa place dans la bibliothèque du président de la République : celui de Delphine Batho.

Ministre de l'Écologie de juin 2012 à juillet 2013, elle avait été virée sans ménagement après avoir vertement critiqué les choix budgétaires de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Intitulé Insoumise, son livre doit paraître le 15 octobre aux éditions Grasset, d'après M, le magazine du Monde daté du 6 septembre. Et celle qui se voit en "lanceuse d'alerte" s'inscrit manifestement dans la droite ligne des derniers essais peu aimables envers François Hollande, d'après le mot de l'éditeur cité par l'hebdomadaire :

[Delphine Batho] raconte comment, au sommet de l'État, règne ouvertement la connivence avec les lobbys et les puissances financières que la gauche était supposée combattre.

Il s'agirait d'un "pavé de 220 pages dans la mare néo-socialiste", selon le magazine. L'ex-ministre n'a donc visiblement pas tout dit lors de sa conférence de presse post-limogeage plutôt musclée. Elle estimait alors que son renvoi constituait "un message à [ses] ex-collègues pour leur dire que c’est fini, la collégialité au sein du gouvernement". Surtout, elle avait évoqué un "combat qui s'est cristallisé sur les gaz de schiste et le nucléaire" et dénoncé les "forces qui ne se sont pas cachées de vouloir [sa] tête. Ils n’auraient pas dû l’avoir. [...] Si le gouvernement avait été solidaire cela n’aurait pas été fait."

Sollicitée par M pour un article consacré à "la vie d'après des [ministres] débarqués", Delphine Batho refuse de se voir comme "une victime". "Je suis une femme politique, j'ai posé un acte qui a eu des conséquences. C'est un désaccord dont j'ai assumé toutes les conséquences", poursuit-elle. Plus d'un an a passé depuis cet épisode et l'ancienne ministre est droite dans ses bottes :

Je n'ai malheureusement pas été surprise par la double défaite électorale de la gauche ou par ce qui se passe maintenant.

Ségolène Royal devrait, elle aussi, trouver de quoi s'occuper dans Insoumise. L'actuelle ministre de l'Écologie, qui n'était pas au gouvernement à l'époque, n'avait pas ménagé son ancienne protégée après son renvoi. "Il fallait jouer collectif", avait-elle lâché, catégorisant Delphine Batho parmi "les gens les plus médiocres", ceux qui "s'émancipent en donnant des coups de pied". Quelques mois plus tard, autre commentaire acide de Ségolène Royal : "Elle avait atteint son seuil d'incompétence."

#Bonus Track

L'article de M fait également part des nouvelles activités d'Arnaud Montebourg, parti du gouvernement la semaine dernière. Et l'ancien ministre de l'Économie semble se porter comme un charme :

J'ai pris un petit déjeuner à deux heures de l'après-midi, ça ne m'était pas arrivé depuis dix ans.

[...] Je ne suis pas candidat à quoi que ce soit et suis très heureux de la situation que j'ai choisie. Je ne tire aucun plan sur la comète politique. Je ne serai pas absent du débat, on n'est pas obligé d'être un professionnel de la politique pour parler de politique.

Du rab sur le Lab

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