En remboursant plus de 300.000 euros à l’UMP, Nicolas Sarkozy s’est peut-être "mis hors-la-loi", s'interroge Jean-Christophe Cambadélis

Publié à 19h22, le 04 décembre 2014 , Modifié à 20h19, le 04 décembre 2014

En remboursant plus de 300.000 euros à l’UMP, Nicolas Sarkozy s’est peut-être "mis hors-la-loi", s'interroge Jean-Christophe Cambadélis
Jean-Christophe Cambadélis.
Image Sébastien Tronche


DESPERADO – Nouveau rebondissement à l’UMP. Ce jeudi 4 décembre, l'ex-trésorière de l'UMP, la députée Catherine Vautrin, a été mise en examen pour abus de confiance dans l'affaire des pénalités dues par Nicolas Sarkozy après la présidentielle, mais réglées par le parti d'opposition.

Le chèque de 363.615 euros à l'ordre de l'UMP signé par un Nicolas Sarkozy, redevenu ce week-end patron du parti, n'a pas interrompu le cours du travail des juges financiers. Et s’il a ravi François Fillon, dont c’était une des revendications, il n’a pas convaincu le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis.

Le député PS de Paris s’étonne, ce 4 décembre sur iTélé :

Ça se veut habile sinon il ne l’aurait pas fait. Mais je ne sais pas si cela va tromper ceux qui sont en charge de l’enquête aujourd’hui.

"Ça pose d’autres problèmes", poursuit Jean-Christophe Cambadélis qui pense que l’ancien chef de l’Etat "s’est mis hors-la-loi" :

Si je me souviens de son raisonnement, c’était : je ne veux pas payer parce que je ne peux pas mettre plus de 7500 euros. Et d’un seul coup, il paye 300.000 euros. Vous savez qu’on ne peut pas apporter plus de 7.500 euros à un parti politique. Donc je ne sais pas si, en remboursant, il s’est mis hors-la-loi.

Car les dons aux partis politiques sont en effet plafonnés à 7.500 euros. Un plafond instauré en 2012.

A l’origine de cette affaire et de la mise en examen de Catherine Vautrin, une information judiciaire ouverte en octobre par le parquet de Paris et qui met en cause la prise en charge par l'UMP de pénalités infligées au candidat Sarkozy : ses comptes de campagne de la présidentielle de 2012 avaient été rejetés par le Conseil constitutionnel pour dépassement du plafond autorisé, fixé à 22,5 millions d'euros. En la privant du remboursement de plus de 10 millions d'euros, cette décision des juges constitutionnels avait des conséquences lourdes pour l'UMP, alors en grande difficulté financière avec une dette estimée à plus de 70 millions d'euros. Avait alors été lancée avec succès une vaste collecte auprès des militants, le Sarkothon.

Mais, conformément au code électoral, le candidat Sarkozy s'était également vu infliger à titre personnel, des pénalités dont s'était finalement acquittée à sa place l'UMP, en novembre 2013. Des pénalités qu’il vient de rembourser. En se mettant dans l’illégalité ?

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