Hervé Morin raconte sa séparation avec François Bayrou en 2007 : "Nous nous sommes quittés en larmes"

Publié à 16h05, le 19 septembre 2014 , Modifié à 17h15, le 17 octobre 2014

Hervé Morin raconte sa séparation avec François Bayrou en 2007 : "Nous nous sommes quittés en larmes"
François Bayrou et Hervé Morin © Reuters - Montage Le Lab
Image Etienne Baldit


CŒURS BRISÉS - Ils se sont "quittés" avec fracas en 2007, à la veille du second tour de l'élection présidentielle. Les centristes Hervé Morin et François Bayrou ont ensuite chacun créé leur propre parti - respectivement le Nouveau Centre et le Modem - après que le second a refusé d'appeler à voter pour Nicolas Sarkozy face à Ségolène Royal. Cette séparation a été un véritable déchirement, à en croire ce que raconte Hervé Morin dans une interview à La Provence, vendredi 19 septembre :

On a été malheureux pendant des jours et des jours et ça n'est pas une image. Bayrou et moi nous sommes quittés en larmes.

Pas une question de sentiments, donc, mais bien de raison : "Je ne pouvais pas cautionner une démarche qui nous amène à soutenir implicitement le Parti socialiste, explique Hervé Morin, aujourd'hui candidat à la succession de Jean-Louis Borloo à la tête de l'UDI. Et puis François Bayrou disait : 'Je vais exister par moi-même et ensuite rassembler les gens autour de moi'. Moi, je les rassemble avant."

Car le président du Nouveau Centre, l'une des formations ayant participé à la fondation de l'UDI en 2012, répète à l'envi son souhait de faire de l'UDI une "alternative politique à l'UMP et au PS, créée à partir d'une majorité d'idées et avec toutes celles et tous ceux qui ont plus de points communs que de divergences", détaille-t-il à La Provence. Parmi eux, dans son esprit :

Les centristes de l'UMP, les Fillon, Juppé, Bayrou, les socio-démocrates déçus du PS, les écologistes qui sont nombreux à considérer que Mme Duflot n'est pas l'alpha et l'oméga de la politique et la société civile innombrable désireuse de s'approprier un projet politique.

En 2011, l'ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy s'était déjà défendu, avec force, d'avoir "lâché" François Bayrou en 2007. Sur le plateau d'I>Télé, il avait interrompu un portrait de lui, diffusé en direct et qui expliquait qu'il avait "lâché son vieux copain" Bayrou : 

Non, je refuse, je refuse qu'on dise que je lâche François Bayrou ! [...] C'est insupportable que soit présentée ainsi une modification stratégique des accords qu'avait l'UDF depuis 40 ans, depuis le début de la Ve République. François Bayrou était président de l'UDF, le parti du centre-droit qui passait un accord avec la droite.

[...] Cessez de considérer que nous avons lâché François Bayrou, qui, lui, a décidé un choix radicalement différent. Je pense que ça mérite tout de même un jour que vous revoyiez vos classiques. [...] Je ne m'énerve pas, je veux simplement rappeler une réalité historique, c'est que le choix politique que nous avons fait en 2007 est le choix des électeurs de François Bayrou qui ont voté Nicolas Sarkozy à 70 %.

Dans sa quête de la présidence de l'Union des démocrates et indépendants, Hervé Morin fait face à quatre autres prétendants : Yves Jégo en tandem avec Chantal Jouanno, Jean-Christophe Fromantin et Jean-Christophe Lagarde. Le vote des militants doit avoir lieu le 7 octobre, pour un résultat le 15 novembre, au cours du congrès national du parti. Ces derniers jours, l'UDI a été *un peu* chamboulée par des rumeurs d'alliance avec Nicolas Sarkozy pour fusionner le parti centriste et l'UMP. Ce que tous les cadres de la formation centriste ont nié en bloc

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