"La ministre est en famille" : comment le cabinet de Sylvia Pinel a expliqué son silence face à la vague de froid

Publié à 15h13, le 30 décembre 2014 , Modifié à 18h44, le 30 décembre 2014

"La ministre est en famille" : comment le cabinet de Sylvia Pinel a expliqué son silence face à la vague de froid
Sylvia Pinel © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

SILENCE RADIO - La vague de froid qui s'abat sur la France a déjà tué cinq sans-abri ces quatre derniers jours. Trois SDF sont en effet morts ce week-end, vraisemblablement victimes d'hypothermie, à Paris, à Douai et dans les Alpes-Maritimes. Deux autres sont décédés dans l'incendie d'un squat en Seine-et-Marne, où ils avaient essayé de faire un feu pour se réchauffer. Mais aucun membre du gouvernement, ni l'Élysée ni Matignon, n'ont réagi.

Et puisque l'hébergement d'urgence des SDF dépend du ministère du Logement, Europe 1 a tenté d'obtenir une déclaration de Sylvia Pinel, titulaire de ce portefeuille. Ce mardi 30 décembre au matin, son cabinet expliquait ce silence :

La ministre est en famille. Elle travaille aussi bien de chez elle. Elle a régulièrement les préfets au téléphone pour faire le point sur la situation.

Ce qui n'explique toutefois pas l'absence de réaction officielle de la ministre. Les autres services potentiellement concernés par les morts des cinq sans-abris, à savoir le secrétariat d'État à la Lutte contre l'exclusion (Ségolène Neuville) et le ministère de la Santé et des affaires sociales (Marisol Touraine), eux aussi contactés par Europe 1, bottent également en touche.

Avant le départ en vacances du gouvernement, consigne avait pourtant été donnée aux ministres de ne pas s'éloigner à plus de deux heures de Paris afin de pouvoir rentrer rapidement si besoin et de rester disponible en cas d'actualité chargée. 

[Edit 16h05]

Sylvia Pinel répondra finalement aux questions d'Europe 1 lors d'une interview à 18h30 ce mardi. Ségolène Neuville, elle, effectuera à 17 heures un déplacement dans un centre d'hébergement hivernal du 13ème arrondissement de Paris.

[Edit 17h15]

En fait, Sylvia Pinel n'aura pas attendu 18h30 pour s'exprimer : elle a donné une interview par téléphone à BFMTV peu après 16h30. 



La ministre a notamment indiqué que "le gouvernement et les services de l'État sont totalement et fortement mobilisés" : "J'ai donné des consignes extrêmement précises aux préfets et aux services de l'État, dans le cadre du plan grand froid, pour avoir une vigilance accrue pendant toute cette période, pour faire toutes les semaines un bilan de la situation et demander aux préfets de ne pas ouvrir les places [d'hébergement d'urgence] uniquement en fonction des températures mais surtout en fonction des besoins exprimés par les personnes, et pour cela d'aller à la rencontre des sans-abris en organisant des maraudes pour apporter du soutien aux personnes les plus démunies et leur proposer des places en hébergement".

Sylvia Pinel souhaite que les places d'hébergement soient "pérennisées" et pas seulement ouvertes en périodes critiques, mais aussi "développer des solutions alternatives, qui permettent de sortir définitivement de la rue un certain nombre de personnes" : "Construire davantage de logements, de logements accompagnés, très sociaux, et avoir un suivi de ces personnes-là pour les aider à passer de l'hébergement d'urgence au logement accompagné et pérenne".

[Edit 18h30]

Interrogée dans le journal d'Europe 1 de 18h30, la ministre assure :

Je suivais avec mes équipes, avec les services de l’État la situation très régulièrement pour augmenter les capacités d'hébergements dans les territoires les plus tendus. ( ...) Nous continuons à regarder cela de très très près.  

Ce n'est pas la première fois que la communication de l'exécutif face à des drames prête à question. Le silence des autorités pendant 48 heures après la mort de Rémi Fraisse, jeune opposant au barrage de Sivens, fin octobre, avait été très largement critiqué. Quelques jours plus tard en revanche, François Hollande, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Fleur Pellerin, ainsi que la maire de Paris Anne Hidalgo, s'étaient très rapidement mobilisés pendant l'incendie dans les locaux de la Maison de la Radio. Samedi et dimanche 27 et 28 décembre, Alain Vidalies (Transports) et Bernard Cazeneuve (Intérieur) avaient promptement réagi devant les 15.000 véhicules bloqués par la neige, via un communiqué commun (et une interview sur Europe 1 pour le premier). 

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