Le multiplex politique du 26 octobre avec Bruno Le Maire, Alain Juppé, Pierre Moscovici et Benoît Hamon

Publié à 18h15, le 26 octobre 2014 , Modifié à 21h11, le 26 octobre 2014

Le multiplex politique du 26 octobre avec Bruno Le Maire, Alain Juppé, Pierre Moscovici et Benoît Hamon
© Montage via Reuters et Maxppp

#MULTIPLEXPOLITIQUE - Au programme des interviews dominicales du 26 octobre, Bruno Le Maire dans C politique, Alain Juppé dans Tous politiques, Pierre Moscovici dans Le Grand jury et Benoît Hamon dans BFM politique.

Comme chaque dimanche, le Lab se plie en quatre pour suivre ces différentes interviews politiques et vous en propose ses morceaux choisis au fur et à mesure de la soirée.

>> BRUNO LE MAIRE



#XXL

Il le répète partout comme une forme de méthode Coué : oui, il peut gagner la présidence de l'UMP face à Nicolas Sarkozy. Rebelote ce 26 octobre sur France 5 :

Je suis convaincu que les militants vont créer une surprise comme on en a rarement vu dans la vie politique française, une surprise XXL.

Et lorsqu'on lui demande si la primaire pour 2017 l'intéresse, Bruno Le Maire répond que "non" ... en ajoutant un utile "aujourd'hui" :

Je ne suis pas candidat aujourd’hui aux primaires, je suis candidat à la présidence de l'UMP.



Et le 2 janvier je ne serai pas candidat aux primaires, je serai président de l’UMP et j’organiserai les primaires.

#SYNDICATS

C'est l'un des problèmes pointés par Bruno Le Maire dans la difficulté à réformer : les syndicats auraient trop de pouvoir par rapport à leur représentativité. Le candidat à la tête de l'UMP propose de limiter dans le temps les mandats des délégués syndicaux, désignés après chaque élection professionnelle :

5% des salariés du privé et décident pour 100% des salariés. J’estime qu’on pourrait avoir des syndicats plus représentatifs, qu’on pourrait ouvrir la représentation des syndicats, y compris à des petites entreprises et qu’en échange chaque salarié puisse participer à des élections syndicales, qu’on puisse limiter la durée d’un mandat d’un délégué syndical pour qu’il ne reste pas 20 ou 30 ans à bloquer les négociations. (...) Pourquoi un délégué syndical resterait-il 20 ou 30 ans en place, qu’il serait totalement intouchable ? Au nom de quoi ? 



>> BENOÎT HAMON



#VIVE LES PASSÉISTES

A Manuel Valls qui déclare qu'il faut "en finir avec la gauche passéiste" et envisage de changer le nom du PS, Benoît Hamon rétorque :

Ma gauche elle sait d’où elle vient, elle s’est construite avec l’Histoire et elle n’a pas besoin de tourner le dos au passé pour préparer l’avenir. Moi je suis socialiste et je suis fier de la somme de sacrifices et d’idéaux qui ont été mis par des générations entières au service de ce beau mot qu’est le mot de socialisme.



Je ne souhaite pas le laisser au bord de la route car je pense qu’il est synonyme pour des millions de femmes et d’hommes, qu’ils aient été socialistes ou pas, à l’idée de progrès.

#BAYROU

Manuel Valls et certains de ses ministres montrent des signes d'ouverture de plus en plus clairs vis-à-vis du centre, chose qui n'a pas échappé à Benoît Hamon. Il va jusqu'à évoquer une volonté de leadership d'un "nouveau centre" de la part du Premier ministre :

Ce qui m’étonne, c’est de vouloir inviter François Bayrou à un gouvernement (…) dès lors qu’il veut gouverner avec Alain Juppé. Il faut assumer à ce moment-là vouloir se poser comme le leader d’un nouveau centre – je ne sais pas comment il se caractériserait. Et à ce moment-là le disputer à François Bayrou ou à d’autres. (...)



Il assume de mettre une ligne qui met de côté Martine Aubry, Arnaud Montebourg et moi-même, c'est ça qui est nouveau.

#NOSTALGIE

"Les cinq mois passés au ministère de l'Éducation nationale sont les plus beaux de ma vie politique, les plus beaux !".  Bah, et les 22 passés à celui de l’Économie sociale et solidaire ?



>> ALAIN JUPPÉ



#AME

Certains comme Xavier Bertrand demandent, à l'image du Front national, de supprimer l'aide médicale d'Etat, ce système permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier gratuitement de soins sous conditions de ressources (716€ par mois). Alain Juppé, lui, propose de "l'encadrer strictement". Il assure par ailleurs que les bénéficiaires de l'AME "sont mieux traités que les Français" :

Je l’encadrerai strictement. (...)  C’est un système complètement perverti car il y a de la fraude aux conditions de ressource et parce qu'il est profondément injuste : vous êtes Français, vous payez vos cotisations, vous avez un forfait à payer à l’hôpital, un forfait hôtelier, vous avez à payer un euro quand vous achetez des médicaments … les bénéficiaires de l’AME n’ont pas tout ça à faire, ils sont mieux traités que les Français.

Rappelons que, contrairement à ce qu'affirme Alain Juppé, les Français et étrangers en situation régulière ne gagnant pas plus de 716€ par mois bénéficient également de la gratuité des soins, ceux couverts par la complémentaire de la couverture maladie universelle (CMU-C). Plus de 4.5 millions de Français sont concernés. [>> toutes les explications dans ce Désintox par Libération].

#CARREZ

Soutien implacable à Gilles Carrez, le président de la Commission des finances à l'Assemblée dans l'oeil du fisc. Comme Bruno Le Maire, Alain Juppé assure croire en la "totale bonne foi" du député et prend sa défense :

Si la loi fiscale était simple, ça se saurait. Il peut y avoir des désaccords entre le contribuable et l’administration fiscale. (...)  Il n’a pas triché, il a interprété une disposition du code général des impôts différemment de l’administration fiscale.

>> PIERRE MOSCOVICI



#LÉGISLATIVE PARTIELLE

L'astuce imaginée par la majorité pour éviter une législative partielle dans la circonscription de Pierre Moscovici, nouveau commissaire européen, risque d'échouer à quelques jours près. Invité du Grand Jury, l'élu dit ne "pas savoir exactement" comment les choses vont se passer - et donc si cette partielle va avoir lieu ou non - et répond par une pirouette au risque pour le groupe socialiste de perdre sa majorité absolue à l'Assemblée :

J’ai vu ici ou là que c’était le siège de la majorité absolue qui se jouait [une élection perdue ferait passer le groupe SRC en dessous du seuil des 289 sièges, ndlr]. Je vais faire un souhait moi, qu’il y ait une majorité absolue socialiste, que tous les socialistes votent à chaque fois pour les textes du gouvernement.

Celui qui a gagné en 2012 dans le cadre d'une triangulaire en obtenant 49.5% des voix ne veut pas croire que le FN peut lui ravir sa circonscription du Doubs : "non, le FN n’est pas en situation de remporter cette circonscription."

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