Le tandem Claude Bartolone – Martine Aubry : ce que dit le président de l’Assemblée de la maire de Lille dans son livre "Je ne me tairai plus"

Publié à 14h41, le 11 octobre 2014 , Modifié à 14h46, le 11 octobre 2014

Le tandem Claude Bartolone – Martine Aubry : ce que dit le président de l’Assemblée de la maire de Lille dans son livre "Je ne me tairai plus"
Claude Bartolone et Martine Aubry en tandem, le 22 septembre 1999. © Maxppp/J.L.DOLMAIRE

#AUBRY-BARTOLONE, LE TANDEM

Ils ne forment pas un duo, loin de là. Mais ils ont formé un tandem. Au propre comme au figuré. Dans son livre d’entretiens avec la journaliste Hélène Bekmezian, Je ne me tairai plus, Claude Bartolone parle beaucoup de Martine Aubry. Et revient sur une anecdote : leur arrivée en tandem au Conseil des ministres, sous Lionel Jospin, lorsque la maire de Lille était ministre de tutelle du président de l’Assemblée.

Claude Bartolone livre là les coulisses de cet épisode :

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Le 22 septembre 1999, la « journée sans voiture » avait été instaurée et nous étions censés nous rendre au Conseil des ministres en vélo, ce qui l’avait profondément agacée. Pour la dérider, je lui avais proposé d’utiliser un tandem, mais elle avait peur de ne pas s’en sortir.

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Et l’ancien ministre de la Ville de poursuivre :

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Alors, pendant deux jours, lundi soir et mardi soir, je suis allé la chercher en tandem rue de Grenelle et nous avons fait le tour du pâté de maison pour nous entraîner.

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"Quand nous sommes arrivés le mercredi matin dans la cour de l’Elysée, Lionel Jospin a fait une tronche épouvantable ! Il trouvait ça ridicule", se remémore Claude Bartolone qui raconte également l’incident qui a suivi le Conseil des ministres, lorsque les deux membres du gouvernement ont regagné leur ministère.

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Place de la Concorde, un monsieur conduisait une voiture à côté de nous et n’en revenait pas de nous voir tous les deux en train de pédaler. Il était tellement captivé qu’il a fini par emplafonner le véhicule devant lui !

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#AUBRY ET LA PEUR DE L’ECHEC

Outre cette anecdote, Claude Bartolone entretient un rapport ambivalent envers l’ancienne patronne du PS, qu’il a contribué à faire élire avec Jean-Christophe Cambadélis, raconte-t-il encore. Pour le député de Seine-Saint-Denis, Martine Aubry est mue par une "peur de l’échec" :

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C’est le paradoxe Aubry : une peur de l’échec et de s’engager couplée à un perfectionnisme et une volonté sans faille.

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Une peur que Claude Bartolone démontre par sa candidature pour diriger le PS, en 2008 :

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Jusqu’au dernier moment, Martine Aubry a failli flancher, renoncer à y aller. (…) Ironie du sort, le jour du dépôt officiel des candidatures, le 23 septembre 2008, elle s’est retrouvée prise dans les embouteillages et n’a pas pu déposer sa candidature : c’est Laurence Rossignol, aujourd’hui secrétaire d’Etat à la Famille, qui l’a déposé !

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#AUBRY ET LA VÉRITÉ

S’il développe les "incertitudes" de Martine Aubry ainsi que sa "peur de l’échec", le président de l’Assemblée revient sur une critique régulièrement émise par les adversaires de l’ancienne ministre de Lionel Jospin : son rapport à la vérité. Pour Claude Bartolone, Martine Aubry ne ment pas, elle a juste plusieurs vérités.

Voilà ce qu’il raconte :

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J’entends souvent dire de Martine Aubry qu’elle est une menteuse. Je ne suis pas d’accord. C’est plutôt qu’elle a plusieurs vérités jusqu’au moment où elle prend sa décision.

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#SI AUBRY AVAIT ÉTÉ PRÉSIDENTE

Pour Claude Bartolone, il ne fait aucun doute. Si Martine Aubry avait été présidente à la plce de François Hollande, il y aurait eu moins de couacs au gouvernement et le collectif aurait été mieux huilé.

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Ce que l’on dit moins souvent de Martine, c’est qu’elle est très attachée à l’action collective. Sans faire de politique-fiction, si elle avait été désignée à la primaire et remporté la présidentielle, il y a certainement une chose qui aurait été différente : le dispositif politique aurait fonctionné de manière beaucoup plus collective dès les premiers jours.

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[BONUS TRACK] BARTOLONE, "TRÈS TRÈS BON" PORTE-FLINGUE

Dans ce livre dans lequel il revient sur sa rupture avec Laurent Fabius, Claude Bartolone juge sa "prestation" comme bras-droit de l’ancien Premier ministre. Et estime qu’il a été très bon dans ce registre. Très très bon même.

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Je dois dire que j’ai été très bon dans ce rôle-là, très très bon ! On a dit de moi en effet que j’étais le « porte-flingue » de Laurent Fabius mais je préfère l’expression de Jean-Christophe Cambadélis : « Bartolone est l’appartement-témoin de Fabius ». J’avais la faconde méditerranéenne, le contact facile et j’étais charger de montrer ce qu’était notre détermination.

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