Martine Aubry prend la plume contre la réforme du travail dominical

Publié à 12h08, le 10 décembre 2014 , Modifié à 13h29, le 10 décembre 2014

Martine Aubry prend la plume contre la réforme du travail dominical
Martine Aubry © Thomas Padilla / Maxppp

Frondeuse n°1 - Le projet de loi Macron, présenté ce mercredi 10 décembre au Conseil des ministres, se veut être un véritable tournant du quinquennat. Et pas seulement pour François Hollande. Pour Martine Aubry, déjà très critique envers la politique menée par Manuel Valls, c'est une nouvelle occasion d'exprimer son désaccord avec le gouvernement et de réaffirmer son positionnement à gauche du Président.

Dans une tribune publiée mercredi 10 décembre dans le Monde intitulée "Ne réduisons pas l'existence à la consommation", Martine Aubry attaque de front la ligne libérale de la loi Macron et la réforme du travail dominical :

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Ce n’est pas une réforme subalterne, c’est un moment de vérité autour de la seule question qui vaille : dans quelle société voulons-nous vivre ?

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Le projet de loi Macron prévoit un passage de 5 à 12 dimanches ouverts par an. Rappelant que "d’ores et déjà, 5 millions de Français travaillent habituellement le dimanche, et 3 millions occasionnellement", la maire de Lille y est "fermement opposée". Elle dénonce même l'inefficacité de la mesure en termes d'augmentation de pouvoir d'achat.

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Les arguments économiques de ceux qui sont favorables à une plus grande libéralisation du travail le dimanche ne résistent pas à l’analyse. Le commerce est affaire de revenu disponible. Celui-ci étant limité, l’élargissement des jours d’ouverture procédera à une simple réaffectation des achats dans la semaine. 

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Si elle estime que "les zones de tourisme international font seules exception" car elles sont potentiellement créatrices d'emploi, Martine Aubry s'inquiète surtout de l'impact de cette réforme sur les petits commerces et met en lumière un décalage entre les Français et le PS au gouvernement :

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Croire que les salariés vont de gaieté de cœur travailler le dimanche, en décalage avec la vie de la société, sous prétexte qu’ils n’ont pas d’emploi ou un salaire majoré, montre une profonde méconnaissance de la réalité. En période de chômage de masse, on ne refuse pas de travailler aux horaires que demande l’employeur. L’ensemble des syndicats sont aujourd’hui à l’unisson opposés à ce projet. Il faut les entendre. Inutile autrement de parler de démocratie sociale. 

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En conclusion, Martine Aubry, plus que jamais conuquérante, réaffirme son axe social :

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Je combattrai cette régression pour notre société au niveau national, comme dans ma ville.

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Avant cette sortie, Martine Aubry et François Hollande avaient au contraire voulu montrer la carte de l'unité en s'affichant tout sourire à Lille et en s'amusant de leur "jeu en double", comme au tennis.

Elle s'était auparavant montrée très critique sur la ligne économique du gouvernement dans le JDD, demandant sa réorientation.

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