Plan Valls : un député PS accuse Bercy, qu’il compare aux médecins du Malade imaginaire, de prescrire une saignée

Publié à 07h10, le 28 avril 2014 , Modifié à 13h58, le 28 avril 2014

Plan Valls : un député PS accuse Bercy, qu’il compare aux médecins du Malade imaginaire, de prescrire une saignée
Jean-Patrick Gille. © Maxppp.

#nonalausterite. C’est par ce hashtag que le député PS Jean-Patrick Gille, réputé modéré au sein du groupe PS, ponctue sa saillie contre Bercy et le plan d’économies de Manuel Valls, que les députés doivent valider mardi 29 avril. "Là, ce n’est pas possible le plan qu’on nous propose", explique-t-il au Lab.

S’il n’a pas signé de tribunes et ne s’est pas présenté comme un frondeur, le député d’Indre-et-Loire ne votera vraisemblablement pas le pacte de stabilité.

Contacté par Le Lab pour faire les sous-titres de son tweet, Jean-Patrick Gille explique qu’il ne visait pas les ministres présents à Bercy, mais surtout l’administration, "la citadelle".

Ils sont comme chez Molière, ces médecins pédants qui parlent pour ne rien dire, enrobé de tout un vocabulaire, et prescrivent des saignées.

Les gouvernements passent, Bercy reste et cumule les erreurs.

Les 50 milliards d’économies s’apparentent donc pour lui à une "saignée", même s’il assure être totalement favorable à la réduction des déficits. Mais pas de cette manière.

Ils ont une ou deux idées qui reflètent la doxa néolibérale. On en arrive à des aberrations.

Selon lui, il existe une superstructure à Bercy qui a "la volonté de ne pas faire des réformes". La preuve ? "Ils n’ont pas fait grand-chose depuis 20 ans", ajoute-t-il.

Favorable à la réforme fiscale annoncée par Jean-Marc Ayrault lorsqu’il était encore à Matignon, Jean-Patrick Gille voit la main de Bercy dans l’échec annoncé de cette remise à plat.

Au lieu de remettre à plat, on fait des rapports pour nous expliquer que le prélèvement à la source, c’est impossible, alors que de nombreux pays le font sans difficulté.

Et d’ajouter :

Bercy, ils ont planté Ayrault.

Vice-président de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée, Jean-Patrick Gille ne croit pas que les inflexions que va annoncer Manuel Valls vont changer la donne. Ni son vote.

Pour lui, la promesse d’un geste sur "les petites retraites" comporte le risque de créer "une usine à gaz". "Comment faire une mesure qui touche les retraites sans toucher les petites retraites ? A partir de quel niveau fixe-t-on les petites retraites ?" s’interroge-t-il.

Remonté contre la Citadelle Bercy, "plus bruxelloise que Bruxelles", Jean-Patrick Gille dénonce également la "porosité entre Bercy, les cabinets et les staffs des grandes entreprises". "Il y a des intérêts et une logique de caste", conclut-il.

Du rab sur le Lab

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