Pour le député UMP Alain Marsaud "on peut considérer" que les djihadistes français en Syrie sont "les collaborateurs occasionnels de la diplomatie française"

Publié à 12h00, le 24 avril 2014 , Modifié à 15h10, le 24 avril 2014

Pour le député UMP Alain Marsaud "on peut considérer" que les djihadistes français en Syrie sont "les collaborateurs occasionnels de la diplomatie française"
Alain Marsaud © Maxppp

A peine nommé place Beauvau, Bernard Cazeneuve doit affronter son premier dossier d’ampleur avec la présence de près de 700 Français engagés en Syrie au sein de filières djihadistes. Un ministre de l’Intérieur qui a présenté, mercredi 23 avril en Conseil des ministres ses mesures visant à mieux prévenir ces dérives et à encadrer le phénomène.

De mesures pour "les bisounours" dénonce ce jeudi 24 avril le député UMP des Français de l’étranger et ancien juge anti-terroriste, Alain Marsaud. Sur RFI, l’élu UMP, qui voit "sans doute" un lien entre la libération des otages en Syrie et l’annonce du décès de Gilberto Rodrigues Leal au Mali, estime que ces mesures gouvernementales ne sont pas "à la hauteur du phénomène" :

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Répondre par ces mesures de prévention du ministre de l'Intérieur - je ne doute pas de sa bonne foi - on pourrait penser à la limite qu'il s'adresse à des juges des enfants.
C'est considérer ces jeunes gens comme des bisounours. Ce n'est pas tout à fait ça la réalité.

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Celui qui préside le groupe de travail sur la Syrie à l’Assemblée nationale s’inquiète de l’avenir de ces 700 djihadistes français supposés. "A un moment ou à un autre, il va falloir qu'ils rentrent ou ils vont vouloir rentrer, s'ils ne sont pas tués ou s'ils n'ont pas d'autres projets djihadistes", poursuit Alain Marsaud. Qui s’interroge :

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Le problème, c'est le retour de ces gens-là. Qu'est-ce qu'on va faire ? Je me suis adressé au mois de novembre à la Garde des Sceaux, en lui expliquant que notre législation anti-terroriste était totalement inadaptée pour poursuivre ces gens-là.

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Selon lui, poursuivre ces djihadistes pour association de malfaiteur n’est pas possible, à la différence de l’Afghanistan, car "on peut considérer qu’ils sont les 'collaborateurs occasionnels de la diplomatie française' puisqu’ils poursuivent le même but". A savoir :

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Ils combattent Assad comme le fait la diplomatie française.

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BONUS : La rançon payée par le président camerounais

Le 1er janvier 2014, François Hollande avait retrouvé les réseaux sociaux et ressuscité ses comptes Twitter et Facebook pour saluer la libération du prêtre Georges Vandenbeusch, libéré après avoir été pris en otage au Cameroun par un groupe islamiste nigérian durant un mois et demi.

Assurant que la France  paye des rançons, même indirectement, Alain Marsaud raconte les dessous de cette libération, affirmant que c’est le président camerounais Paul Biya qui a lui-même payé la rançon. Sur ses deniers personnels.

Ainsi Alain Marsaud assure :

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Lorsqu'on a enlevé notre prêtre au Cameroun, c'est le Président camerounais Biya qui, sur sa cassette personnelle, a payé la rançon. D'ailleurs, pour la petite histoire, celle-ci a été détournée en partie par le chef de la police, qui est maintenant en prison.

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Du rab sur le Lab

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