Thierry Mandon défend la loi Macron en distinguant une "gauche du réel" et une gauche des idéaux au sein du PS

Publié à 12h04, le 11 décembre 2014 , Modifié à 12h04, le 11 décembre 2014

Thierry Mandon défend la loi Macron en distinguant une "gauche du réel" et une gauche des idéaux au sein du PS
Thierry Mandon, le 11 décembre 2014 © Image iTELE

ll y a gauche et gauche. En ce moment, la loi Macron cristallise toutes les tensions internes du Parti socialiste. Les grandes réformes destinées à la relance de l'économie menée par Emmanuel Macron sont fortement critiquées au sein de toutes les nuances de rose de l'échiquier politique. Pour le gouvernement, le renouvellement de la gauche passe par un pragmatisme affiché et assumé. 

Thierry Mandon, secrétaire d'État à la réforme d'État et à la simplification, a défendu cette ligne ce jeudi 11 décembre sur iTELE face à Bruce Toussaint. Il oppose même une gauche "du réel" à une gauche "de l'idéal".

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C'est indispensable que l'on essaye d'imposer une nouvelle gauche qui soit réellement de gauche. Et quand je dis réellement de gauche, je dis réellement. C'est-à-dire qui s'ancre sur l'état du monde, l'état de nos sociétés, les problèmes de nos sociétés tels qu'ils sont. Le sous-emploi chronique, les inégalités qui se développent... ça, c'est la gauche du réel.


 

Je crois qu'il y a une gauche du réel et une gauche qui, trop préoccupée de construction théorique et d'idéal, oublie de regarder le monde tel qu'il est et donc renonce d'une certaine manière à le changer réellement.

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S'il ne "vise personne", Thierry Mandon s'est en réalité adressé sans la nommer à Martine Aubry qui a torpillé l'agenda de Manuel Valls en publiant une tribune dans le Monde contre la réforme du travail dominical. Il en est sûr, la loi Macron sera votée à l'Assemblée malgré le feu nourri de la maire de Lille. 

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La majorité votera ce texte, elle peut l'amender sur telle ou telle disposition, si elle considère qu'à douze dimanches c'est un changement de civilisation mais qu'à dix, ça ne pose pas de problème, j'imagine que l'on arrivera à trouver des accords.

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Dans un discours prononcé mercredi 10 décembre à la fondation Jean Jaurès, Manuel Valls a lui aussi parlé de pragmatisme :

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Je ne suis pas de ceux qui pensent qu'être de gauche constitue simplement à rechercher dans les armoires du passé, dans les archives de l'Histoire même s'il elles me passionnent, les réponses écrites et toutes trouvées aux défis d'aujourd'hui et de demain. Je crois plutôt que nous n'avons pas été assez réactifs et réalistes, nous tous, dans la prise en compte des nouvelles réalités économiques et sociales.



La gauche c'est le progrès, le mouvement, le contraire du conservatisme. C'est aussi la lucidité et le devoir de vérité. Alors oui, je crois qu'il faut nous réinventer, nous remettre en question.

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L'union des socialistes saluée par Claude Bartolone au mois d'octobre semble déjà oubliée. Le PS s'affronte désormais entre la "gauche du réel" et la gauche des idéaux

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