Comment Aubry a court-circuité la présentation de la loi Macron par le Premier ministre et la majorité

Publié à 13h46, le 10 décembre 2014 , Modifié à 13h54, le 10 décembre 2014

Comment Aubry a court-circuité la présentation de la loi Macron par le Premier ministre et la majorité
© montage via Maxppp / Reuters

SENS DU TIMING - Elle ne pouvait pas davantage court-circuiter la conférence de presse exceptionnelle du Premier ministre sur la loi Macron. En publiant une tribune contre le travail le dimanche, Martine Aubry s'est imposée dans l'agenda de la majorité.

Manuel Valls, qui avait réuni une dizaine de ministres pour présenter en fanfare et sous le signe de l'unité la loi sur la croissance, a ainsi dû répondre à une salve de questions sur ce sujet, et donc répondre par médias interposés à la maire de Lille. Emmanuel Macron s'en est également chargé, assurant que sa réforme représentait une "avancée sociale", contrairement aux craintes de Martine Aubry.

Agacé par des questions très "Aubry-centrées", le Premier ministre a fini par lancer aux journalistes présents dans la salle :

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Nous avons eu le travail le dimanche, et Martine Aubry, et le travail le dimanche ... je suppose qu'il y a d'autres sujets ?

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Plus tard, à l'occasion d'une demande de précision d'un journaliste à son ministre de l’Économie, Manuel Valls a ironisé, encore une fois en référence à Martine Aubry :

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C'est important ... il ne faut pas qu'il y ait de flou monsieur Macron ... vous voyez ce que je veux dire !

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Durant la campagne, Martine Aubry avait lancé à propos de François Hollande : "quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup !"

De son côté, en conférence de presse devant l'association des journalistes parlementaires, Bruno Le Roux, le patron des députés PS, a également dû s'exprimer sur la tribune de Martine Aubry. Il a soutenu le travail du gouvernement et regretté la façon "d'entrer dans le débat" de la maire de Lille :

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C'est un projet qui doit apporter une clarification, apporter des contreparties. Ce n'est pas une régression. Ce n'est pas la bonne entrée dans le débat [la tribune de Martine Aubry, ndlr] Il faut adopter vite ce texte. Ce n’est pas une contribution au congrès du Parti socialiste.

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