Affaire Fillon : une vingtaine d'élus LR estiment qu'il n'est "plus possible de faire campagne sur le terrain"

Publié à 06h46, le 14 février 2017 , Modifié à 13h04, le 14 février 2017

Affaire Fillon : une vingtaine d'élus LR estiment qu'il n'est "plus possible de faire campagne sur le terrain"
François Fillon de nouveau confronté à un acte de fronde d'une partie des élus Les Républicains © Richard BOUHET / AFP
Image Etienne Baldit


ON EN A GROS - Ils sont pour le moment "une petite vingtaine" et espèrent être quarante au bout du compte. Des élus LR, inquiets de la tournure que prend la candidature de François Fillon qui n'arrive pas à se dépatouiller de l'affaire des emplois fictifs présumés de son épouse, se sont réunis lundi soir dans un restaurant à deux pas de l'Assemblée nationale, à l'initiative du député sarkozyste Georges Fenech. Et ils comptent bien demander des comptes à leur champion, lorsqu'il viendra à la rencontre du groupe LR à l'Assemblée à 11 heures ce mardi 14 février.

Comme le rapportent Le Figaro, LCI ou encore BFMTV, ces quelque 17 élus se basent sur les retours de leurs circonscriptions et de leurs électeurs et militants (encore une fois mauvais ce week-end) pour dresser le constat d'une campagne chaotique sur le terrain et demander des comptes à François Fillon. Georges Fenech - c'est déjà lui qui avait lancé un début de fronde en considérant le résultat de la primaire "caduc" devant le Penelope Gate, avant de finalement rentrer dans le rang - dit ainsi au Figaro :

Nous avons fait le constat qu'il n'était plus possible de faire campagne sur le terrain et ce constat est partagé à l'unanimité. Nous reconnaissons tous la légitimité que le candidat a tiré de sa victoire à la primaire mais nous ne pouvons pas ignorer que plusieurs éléments imprévisibles se sont produits depuis. C'est pourquoi nous devons faire part à François Fillon de nos plus vives inquiétudes etlui poser la question de savoir ce que nous allons faire maintenant. De savoir quelle est la suite.

Cette "suite" pourrait-elle s'écrire sans François Fillon comme candidat à la présidentielle ? Il reste à peine plus de deux mois avant le scrutin, ce qui impliquerait une décision très rapide. Les conjurés vont donc tenter un coup, en prononçant une "déclaration" lors de la réunion à l'Assemblée ce mardi. Toujours auprès du Figaro, le député de la Somme Alain Gest expose la démarche qui les anime :

Nous allons exposer les données du problème tel qu'il se pose. Il faut que nous trouvions une solution politique à la hauteur des enjeux car nous pouvons très bien nous retrouver dans le cas de figure absolument incroyable où notre famille politique se retrouverait absente du second tour de la présidentielle et ce n'est pas acceptable.

Sur Public Sénat lundi soir, le sénateur LR Alain Houpert s'est même fait encore plus direct, estimant qu'il "faut trouver une autre solution" que François Fillon, "car chaque jour notre candidat s'affaiblit" :





Reste que comme depuis le début de la tempête, aucun "plan B" ne semble à même de rassembler la famille comme un seul homme et donc de reprendre la main sur la campagne. Une réunion du bureau politique, collège dirigeant de LR qui n'a pas été convoqué depuis belle lurette, apparaît comme une des seules manières d'aboutir à une décision qui s'impose à tous. D'après Le Figaro, c'est justement ce que devraient demander Georges Fenech et sa bande ce mardi matin.

Selon LCI, les députés sarkozystes Claude Goasguen, Nadine Morano et Sébastien Huygue, notamment, font partie de ces frondeurs.

Et voilà la lettre que ces parlementaires protestataires adressent à François Fillon, publiée par un journaliste du Figaro :









[Edit 12h40]

Sans surprise, François Fillon a tenu bon face à ce début de fronde. "La question c'est : 'Est-ce que vous m'aidez ou est-ce que vous me compliquez la tâche?'", a-t-il ainsi lancé à l'adresse des contestataires. Et d'ajouter :

Il n'y a pas de solution alternative majeure [à ma candidature]. Cela poserait le problème de l'effacement de notre famille politique.

Une fermeté qui a de fait isolé les frondeurs... et qui a conduit leur *leader* Georges Fenech à finalement retirer sa demande de convocation du bureau politique. Comme il y a huit jours, le député du Rhône monte donc au front en défiant François Fillon, avant de battre totalement en retraite devant l'échec cuisant de sa stratégie.









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