Après celle de Gilbert Collard, l’Assemblée lève l’immunité parlementaire de Marine Le Pen

Publié à 13h22, le 08 novembre 2017 , Modifié à 16h39, le 08 novembre 2017

Après celle de Gilbert Collard, l’Assemblée lève l’immunité parlementaire de Marine Le Pen
Marine Le Pen. © AFP
Image Sébastien Tronche


Le 27 septembre, le bureau de l’Assemblée nationale levait l’immunité parlementaire du député Gilbert Collard. Ce mercredi 8 novembre, c’est au tour de Marine Le Pen de connaître le même verdict.

Le bureau de la chambre basse a ainsi décidé, après une demande judiciaire, de lever l'immunité parlementaire de la présidente du Front nationale, qui avait diffusé sur Twitter des photos d'une victime du groupe Etat islamique, rapporte l’AFP de sources parlementaires. Le bureau, plus haute instance collégiale de l'Assemblée composée de 22 députés, ne s'est pas prononcé sur le fond du dossier concernant la députée FN, comme habituellement, mais sur le caractère sérieux, loyal et sincère de la demande de la justice.

En février 2017, la justice avait ouvert une enquête préliminaire après la diffusion par Marine Le Pen et Gilbert Collard de photos d’exactions de Daech. Mais, en février, l’Assemblée nationale de la législature précédente avait refusé de lever l’immunité parlementaire du député apparenté FN du Gard. La justice avait demandé à ce que cette immunité soit levée après que Gilbert Collard avait diffusé en décembre 2015 des photos de l'Etat islamique sur son compte Twitter. Après le refus de lever une première fois l’immunité parlementaire de l’élu, Claude Bartolone, qui présidait alors la chambre basse avait justifié cette décision :

Le rôle du bureau se limite à examiner si la demande qui lui est adressée par le juge est suffisamment précise sur les mesures envisagées au regard de l'atteinte à la liberté d'exercice du mandat qu'elles représentent. En l'espèce, le juge n'avait pas précisé dans sa requête les mesures envisagées à l'encontre de M. Gilbert Collard.

La présidence de l’Assemblée précisait à l’époque que "depuis 1995, il s'agit ainsi de la seule demande examinée par le bureau qui ne mentionne aucune mesure".

Rapidement, plusieurs cadres du FN ont exprimé leur indignation en apprenant la nouvelle. Le sénateur Stéphane Ravier juge que "le bureau de l’Assemblée nationale se déshonore avec cette décision lâche".  Pour le député frontiste Bruno Bilde, "il vaut mieux défoncer le crâne d’un opposant comme l’a fait un député LREM, que d’utiliser sa liberté d’expression contre l’islamisme". Ce dernier fait référence à M'jid El Guerrab, ancien député LREM et siégeant avec les non inscrits depuis sa mise en examen début septembre pour avoir agressé à coups de casque le responsable socialiste Boris Faure.







Quant au maire d'Hénin-Beaumont Steeve Briois, il trouve que cette décision est "un exécrable signal pour la liberté d’expression et une volonté évidente de nuire à la seule candidate anti-Système".











[EDIT 15H]

Il ne manquait plus que la réaction de Marine Le Pen elle-même, c'est chose faite. Juste avant 15h, elle tweete :

Mieux vaut être un djihadiste qui rentre de Syrie qu’une députée qui dénonce les abjections de l’Etat islamique : on prend moins de risques judiciaires...

Dans un communiqué, la présidente du FN écrit :



Le bureau de l’Assemblée nationale affiche une volonté clairement revendiquée de persécuter une adversaire politique et de tenter de museler celle qui incarne l’opposition et l’alternative au pouvoir en place. [...] Le pouvoir et ceux qui le servent entendent donner à cette affaire une tournure politique. Un procès sera donc l’occasion de dénoncer publiquement les agissements monstrueux de l’Etat islamique, mais également les défaillances coupables des pouvoirs publics.

A propos de "museler" Marine Le Pen, un visuel montrant la députée frontiste bâillonnée est diffusé sur les réseaux sociaux par les militants du parti. Ce qui n'est pas sans rappeler une affiche similaire de Jean-Marie Le Pen qui date de 1984.







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