Benoît Hamon exige des "excuses" de Pierre Gattaz, se sentant "insulté" après les propos du patron du Medef l'associant à Marine Le Pen

Publié à 15h15, le 10 avril 2017 , Modifié à 18h32, le 11 avril 2017

Benoît Hamon exige des "excuses" de Pierre Gattaz, se sentant "insulté" après les propos du patron du Medef l'associant à Marine Le Pen
© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Pierre Gattaz n’y était pas allé par quatre chemins. Dans une interviewau Parisien, dimanche 9 avril, le président du Medef estimait que "voter Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Benoît Hamon, c’est ruine, désespoir et désolation, pauvreté généralisée". Selon Pierre Gattaz, il n’y a pas de différences entre le candidat du PS et la candidate du FN : "Benoît Hamon est dans un scénario destructeur pour l’économie française", affirme-t-il tout en nuance auprès du quotidien.

La réponse de l’accusé n’a pas tardé. C’était ce lundi 10 avril lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation des 6 premiers mois de son quinquennat, s’il remportait la présidentielle. Voilà ce qu’a déclaré Benoît Hamon :

 

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Il y a quelque chose de pourri à la tête du Medef. C’est une insulte de m’associer à Marine Le Pen. Je n’accepte pas, en tant que candidat de la gauche choisi par deux millions d’électeurs, d’être associé par le Medef à Marine Le Pen. (…) Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas bien à la tête du patronat. J’exigerai de lui des excuses, c’est inadmissible.

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Benoît Hamon a annoncé qu’il écrira une lettre au patron des patrons. L’occasion sans doute de lui redire tout le bien qu’il pense des idées du Medef : "Qui ne voit que toutes les politiques encouragées par le Medef, de recul des services publics, de suppression des postes de fonctionnaires, de démantèlement du modèle social français, ont conduit à la prospérité du Front national ? Qu'il s'interroge sur sa propre responsabilité", a affirmé le député socialiste des Yvelines.

Dans sa lettre cinglante dévoilée mardi 11 avril par les Echos, Benoît Hamon a rétorqué à Pierre Gattaz que "tout le monde n'a pas la chance d'hériter d'une entreprise", alors que le patron du Medef a repris l'entreprise de son père, Yvon Gattaz, lui-même ancien président du patronat. Le candidat a ajouté :

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Vous m'insultez, et surtout, vous insultez la gauche transformatrice qui a apporté à la France l'essentiel du patrimoine de nos droits démocratiques et sociaux et qui a défendu la République comme la prunelle de ses yeux.

"

 

[EDIT Mardi 11 avril 18h30] Ajout des propos de Benoît Hamon dans sa lettre.

 

[BONUS TRACK] "Je viens d'une terre granitique"

Nettement distancé par Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, Benoît Hamon plafonne désormais autour des 10 %. Difficile dans ces conditions de faire campagne en gardant le moral. Mais le candidat à la présidentielle s’est montré offensif ce lundi 10 avril. Le natif du Finistère entend "se battre" jusqu’au bout :

 

 

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Je me bats, je résisterai à tout. Je viens d’une terre granitique. Les tempêtes, on les connaît. On ne se laisse pas compter de là où je viens, aussi bien sur le plan social que culturel.

"

Relancé pour connaître quelles sont les difficultés rencontrées par le candidat, le Breton Benoît Hamon a répondu avec sourire : "Les mauvais papiers (des journalistes, ndlr), mes amis, mes ex-amis qui s’en vont…". 

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