Catalogne : Ségolène Royal trouve étrange qu'en Europe on incarcère des responsables politiques mais pas les prédateurs sexuels

Publié à 13h36, le 05 novembre 2017 , Modifié à 14h33, le 05 novembre 2017

Catalogne : Ségolène Royal trouve étrange qu'en Europe on incarcère des responsables politiques mais pas les prédateurs sexuels
Ségolène Royal. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Loïc Le Clerc pour

Après le référendum du 1er octobre et la proclamation de la République catalane le 27, le gouvernement de Mariano Rajoy a contre-attaqué. Avec l'article 155 de la Constitution espagnol, Madrid a destitué le gouvernement catalan et huit de ses membres ont été placés en détention provisoire. Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, est lui toujours en *exil* en Belgique. Une situation qui est appelée à évoluer rapidement puisque ce dimanche 5 novembre, la justice belge a accédé à la demande d'extradition émise par la justice espagnole.

Toute cette situation, un brin tendue, ne plaît pas du tout à Ségolène Royal. Invitée du Grand Jury RTL / Le Figaro / LCI ce dimanche, l'ancienne ministre de l'Environnement se demande simplement :



Qu'est-ce que c'est que cette Europe qui, en son sein, observe, assiste à l'incarcération de responsables politiques ?


Interrogée sur sa vision de la situation espagnole, Ségolène Royal raconte avoir eu le déclic dans le train, en écoutant une "dame" donner son avis. Elle développe :



Chacun peut observer l'étrangeté qu'il y a à voir au cœur de l'Europe des gens, des personnalités politiques incarcérées pour avoir mené un combat idéologique. J'ai entendu hier la réflexion d'une dame dans le train et je me disais 'tiens, elle a quand même raison'. Ils sont jetés en prison et les prédateurs sexuels dont nous parlions à l'instant, il n'y en a pas encore un qui est en prison. J'ai trouvé cette réflexion parfaitement fondée.

Il est alors précisé à Ségolène Royal qu'Emmanuel Macron, lui, a clairement affiché son "plein soutien" à Mariano Rajoy. Mais pour celle qui est aujourd'hui ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique, "il y a deux choses" : d'un côté le fait de "soutenir la légalité des institutions, et personne ne peut revendiquer ou soutenir une violation de la Constitution", et de l'autre le fait de "constater que, dans l'indifférence générale, en tout cas dans la gêne, on assiste à l'incarcération de responsables politiques qui ont mené un combat idéologique et ça au cœur de l'Europe". Ségolène Royal poursuit :



Il y a quelque chose qui n'est pas positif pour l'Europe. Ce n'est pas que ça me choque. Je constate politiquement qu'il y a là un dysfonctionnement de l'Europe. Les institutions européennes devraient servir de pôle de médiation.

D'après l'analyse de Ségolène Royal (ou de la dame du train, on ne sait pas), "le problème est assez simple". Elle voit dans la Catalogne une "province riche qui remet en cause le pouvoir central". Une remise en cause qui a au moins la légitimité de devoir être entendue par ce pouvoir central, ce qui n'est pas le cas, déplore Ségolène Royal, avant d'ajouter :



Au lieu de se remettre en cause, on se dit 'on verrouille, on envoie la police". La saisie des urnes, les personnes jetées par terre, sur tout ça, il n'y a pas de sanction. J'observe la différence de traitement par rapport au pouvoir espagnol.

Ségolène Royal ne considère pas que l'indépendance de la Catalogne soit "envisageable". Mais elle estime qu'il y a un écart entre dire "ça n'est pas acceptable" et "mettre des gens en prison sans se poser la question de savoir pourquoi il y a ces volontés d'indépendance". Une piste de réponse ? "Peut-être parce qu'il y a une politique nationale incompétente, mal conduite, lance Ségolène Royal. Il y a peut-être des solutions intermédiaires. Il n'y a même pas une solution qui est recherchée." C'était le rôle de l'Europe, assure l'ancienne ministre.

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