Ce moment où François Fillon balance à une journaliste de Mediapart que "lui" n'a "jamais eu de redressement fiscal"

Publié à 17h37, le 06 février 2017 , Modifié à 19h02, le 06 février 2017

Ce moment où François Fillon balance à une journaliste de Mediapart que "lui" n'a "jamais eu de redressement fiscal"
© Capture d'écran images BFMTV
Image Julien Chabrout


François Fillon s’est expliqué. Devant plus de 200 journalistes réunis dans son QG de campagne ce lundi 6 février, le candidat LR à la présidentielle est revenu pendant 45 minutes sur les soupçons d’emplois fictifs pesant sur son épouse Penelope lorsqu’elle était son assistante parlementaire à l’Assemblée. L’ancien Premier ministre a aussi parlé de deux de ses enfants qui ont travaillé pour lui au Sénat entre 2005 et 2007. Il a présenté "ses excuses au Français" pour avoir fait travailler ses proches.

Un peu nerveux, le député de Paris a violemment taclé Mediapart sans raison apparente. Voilà ce qu’il a lancé à Ellen Salvi après une question de la journaliste :

 

Vous êtes de Mediapart, c’est ça ? Moi je n’ai jamais eu de redressement fiscal, je vous le dis au passage. Bah oui, il y a des choses qui parfois doivent être dites.

Un passage isolé par le Lab à voir ici :




Fillon à une journaliste de Mediapart : "Moi je...par LeLab_E1


La journaliste de Mediapart avait demandé au candidat de la droite s’il "avait menti" au JT de TF1 le jeudi 26 janvier. Ce jour-là, au lendemain des premières révélations du Canard Enchaîné, François Fillon avait en effet affirmé que sa femme avait été embauchée comme assistante parlementaire à partir de 1997. Il avait ajouté qu’elle travaillait "bénévolement" pour lui depuis 1981. Or l’hebdomadaire satirique a ensuite révélé le mercredi 1er février que Penelope Fillon avait été rémunérée en tant qu’assistante parlementaire de son époux à partir de 1988. Des informations confirmées par François Fillon ce lundi 6 février : il a précisé que Penelope Fillon avait au total travaillé pour lui "pendant 15 ans". Voilà ce qu'il a déclaré en réponse à la question de la journaliste de Mediapart :



Jamais je n’aurais pu imaginer d’être accusé sur ce sujet. Je suis honnête et c’est la raison pour laquelle cette accusation m’est tombée dessus comme un coup de tonnerre. Oui elle m’a mis un coup dans l’estomac. Oui toute la semaine dernière j’ai été déstabilisé par cette accusation justement parce que je ne pouvais un seul instant me l’imaginer et m’y attendre. Donc oui mes réponses ont été imprécises. Il m’a fallu Madame 5 jours pour obtenir toutes les fiches de paies de mes collaborateurs de l’Assemblée quand manifestement certaines organes de presse les ont déjà. Oui mon épouse a travaillé pour moi depuis le début, oui elle a commencé à être rémunérée en 1988. Dans ma réponse je faisais confiance aux chiffres du Canard enchaîné, c’était les seuls dont je disposais. 

Quant à l’allusion au "redressement fiscal" de Mediapart, il s’agit de l’ardoise de 4,1 millions qu’a dû payer au fisc le site d’information pour s’être auto-appliqué un taux réduit de TVA entre 2008 et 2014. Début 2016, Mediapart avait payé 2,5 millions d’euros à l’administration fiscale. "Un mauvais coup d’abord destiné à nous affaiblir et à ralentir la construction de notre indépendance", avait dénoncé le 14 janvier 2016 le directeur de la publication Edwy Plenel. Mais on ne voit pas pourquoi François Fillon a remis le sujet sur le tapis, un an plus tard, en pleine conférence de presse sur le Penelope Gate. Sur Twitter, Edwy Plenel a ironisé après les propos de François Fillon : 









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