Estrosi publie une tribune assassine pour défendre sa vision toute particulière du non-cumul des mandats

Publié à 16h22, le 13 juin 2016 , Modifié à 16h19, le 14 juin 2016

Estrosi publie une tribune assassine pour défendre sa vision toute particulière du non-cumul des mandats
Christian Estrosi © AFP

Christian Estrosi a bien failli s'étrangler avec son pan bagnat en découvrant, ce lundi 13 juin, une tribune publiée dans Le Monde mardi dernier. Écrit par Frédéric Saint Clair, analyste stratégie et communication politiques, ce texte entend dénoncer les "faux semblants" du président de PACA en matière de non-cumul des mandats.

L'analyste parle donc de Christian Estrosi et rappelle que l'élu LR a démissionné de ses postes de député des Alpes-Maritimes et de maire de Nice, après sa victoire aux régionales, pour se conformer à la loi sur le non-cumul des mandats. Frédéric Saint Clair souligne également, au cas où l'information aurait échappé à certains, que Christian Estrosi est devenu le suppléant de sa successeure à l'Assemblée nationale Marine Brenier et le premier adjoint de son successeur à l'Hôtel de ville Philippe Pradal. Ce qui inspire à l'analyste ce commentaire :

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Vladimir Poutine nous avait habitués à ce genre de manœuvres lorsqu’il avait joué au jeu des chaises musicales avec son premier ministre Dimitri Medvedev pour contourner la Constitution…

 

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L'analogie faite avec le président russe a quelque peu irrité Christian Estrosi, tout comme les commentaires acerbes de Frédéric Saint Clair sur les problèmes de communautarisme ou d'insécurité, sur le "désert culturel" ou bien encore sur l'accumulation des cacas de chiens qui, tous ensemble, frapperaient Nice. Avec en filigrane cette idée selon laquelle Christian Estrosi se moque pas mal de ces sujets, du moment qu'il garde le pouvoir.

N'écoutant que sa colère face à de telles accusations, le suppléant de Marine Brenier à l'Assemblée nationale a donc pris la plume, ce lundi, et écrit une (très) longue tribune publiée également par Le Monde et dans laquelle il dénonce "la profondeur d’une analyse stratégique que Frédéric Saint Clair destine d’ordinaire à ses copains de bistrot et à ses voisins de palier". Cela commence bien…

Il ajoute :

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L’homme qu’il dénonce et la ville qu’il décrit, je ne les reconnais pas. Sans doute parce que Frédéric Saint-Clair vit dans cette quatrième dimension où tous les délires sont permis, tandis que je vis dans notre réalité, partagée. […] J’ai démissionné de mes fonctions de député, je quitte mes fonctions de maire de Nice, c’est la loi qui le veut et c’est ce que je fais. Frédéric Saint-Clair n’est donc pas seulement auteur de science-fiction, il est aussi juge, et juge au-dessus des juges. Il condamne, et il le dit, et la Nation tremble devant ses arrêts.

 

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Viennent ensuite des accusations à peine larvée de sexisme à l'adresse de Marine Brenier. "Marine Brenier, qui vient de vaincre le Front national dans une législative partielle, n’a pas de personnalité, pas de mérites, pas de compétence : elle est ma créature, affirme Frédéric Saint-Clair. C’est tout juste s’il n’ajoute pas que c’est sa nature, puisqu’elle est jeune, et femme", juge l'élu LR avant d'expliquer que Philippe Pradal, de l'avis de l'analyste, "n’a pas de vertus, pas de convictions, pas d’expertise", etc.

Et Christian Estrosi d'inviter ses deux successeurs à porter plainte :

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Je laisse à chacun d’eux le soin de réfléchir aux moyens légaux de purger ce que, dans ma réalité, j’appelle des insultes.

 

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Tout cela ne semble donc pas près de se calmer. On attend la tribune assassine de Frédéric Saint Clair dans Le Monde contre la tribune assassine de Christian Estrosi dans Le Monde contre la tribune assassine de Frédéric Saint Clair dans Le Monde… 

Du rab sur le Lab

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