Éric Woerth en appelle à Charles Pasqua pour justifier le nouveau débat sur le droit du sol

Publié à 10h57, le 16 juin 2015 , Modifié à 11h01, le 16 juin 2015

Éric Woerth en appelle à Charles Pasqua pour justifier le nouveau débat sur le droit du sol
Éric Woerth © JEAN PIERRE MULLER / AFP

LE CHANGEMENT, C'EST TOUT LE TEMPS - Les temps ont changé. C'est Éric Woerth qui le dit. Et si cela ne suffit pas à justifier pourquoi Nicolas Sarkozy a fait évoluer sa position sur le droit du sol, alors qu'est-ce qu'il le fera ? Invité de RTL ce mardi 16 juin, le député Les Républicains de l'Oise explique pourquoi son camp décide aujourd'hui de reparler de l'accès à la nationalité française. Et non, cela n'a rien à voir avec le Front national.

Éric Woerth explique donc que les temps ont changé. Mais que c'était déjà le cas avant puisqu'en son temps, Charles Pasqua avait déjà étudié le sujet. Les temps changent depuis 30 ans en somme. Le délégué général au projet de Les Républicains dit :

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Les temps ont changé. Je vous ferai remarquer que Charles Pasqua, dans les années 90, comme Valéry Giscard d'Estaing, se posait beaucoup de questions et nous l'avions fait. Charles Pasqua avait fait voter une loi et Lionel Jospin l'avait détruite. C'est un débat qui est ancien en France.

 

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En 1993, après la victoire de la droite aux législatives, le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua avait fait voter une loi qui revenait sur l'automaticité de l'acquisition de la nationalité française à 18 ans. Une disposition supprimée par le gouvernement Jospin en 1998.

Éric Woerth veut se placer dans les pas de Charles Pasqua. "Je comprends que ça puisse choquer qu'à un moment donné on puisse devenir quasiment automatiquement français même lorsqu'on nait de parents qui sont en France de façon irrégulière", explique-t-il. Puis, reprenant son refrain sur le changement, c'est tout le temps, il ajoute :

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On a le droit de changer aussi. On ne peut dire sans arrêt  'vous reprenez les veilles recettes et en même temps nous dire 'ha bah c'est un nouveau débat que vous créez, vous avez changez d'avis'.

 

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En 2010, dans une interview au Parisien, Charles Pasqua était revenu sur l'acquisition de la nationalité française. "Toute remise en cause du droit du sol n'est pas une bonne idée", avait-il déclaré, tout en estimant "choquant que des jeunes gens nés sur notre sol donnent le sentiment de ne pas se reconnaître comme Français et fassent n'importe quoi". "On peut imaginer que lors du passage à la majorité, on leur pose la question: 'Voulez-vous être français ?' Nous l'avions prévu autrefois. Mais ce n'est pas en modifiant les lois qu'on redressera cela", avait ajouté l'ancien ministre de l'Intérieur. 

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