Florian Philippot se demande pourquoi le discours du FN sur l'immigration est perçu comme "raciste"

Publié à 12h27, le 17 juillet 2017 , Modifié à 12h42, le 17 juillet 2017

Florian Philippot se demande pourquoi le discours du FN sur l'immigration est perçu comme "raciste"
Florian Philippot © AFP
Image Sylvain Chazot


La lettre a été envoyée par Florian Philippot aux membres de son groupe de travail en vue de la refonte du Front national. Publié par Le Scan du Figaro ce lundi 17 juillet, le document, long de trois pages, est une nouvelle étape dans la guerre froide qui couve au FN. Car le n°2 du parti présidé par Marine Le Pen est clair : il ne faut pas abandonner la sortie de l'euro, thème pourtant clivant au sein du mouvement d'extrême droite et coupable, aux yeux de certains frontistes, des échecs à la présidentielle et aux législatives.

Florian Philippot n'en démord pas. "Par une sorte de pensée magique, il suffirait que le FN renonce à la sortie de l'euro pour qu'il atteigne 50% des voix. Sur le fond, cette position est dangereuse : il est évident qu'à partir du moment où le FN annoncerait qu'il renonce à la reconquête de la souveraineté monétaire, une série de problèmes s'ouvriraient", insiste-t-il.

Puis, comme son "amie" Sophie Montel l'a fait avant lui, le n°2 du FN s'interroge sur la manière dont le mouvement aborde certains sujets et notamment l'immigration. Il écrit :

Se pose aussi notre capacité à traiter des sujets les plus sensibles, notamment ceux qui touchent à 'l'humain' : sommes-nous vraiment aussi clairs et précis qu'on le croit sur l'immigration ? Pourquoi tant de nos compatriotes sont-ils encore persuadés que ce discours est 'raciste' ? Comment doit-on parler aux Français issus de l'immigration ?

Fin juin, l'eurodéputée Sophie Montel disait trouver "anxiogène" le discours du FN concernant l'immigration. "Des gens sont encore effrayés par le FN en pensant qu’on va virer tous les étrangers si on arrive au pouvoir", ajoutait-elle, citée par L'Opinion. Comme pour Sophie Montel, on ignore à quoi pense Florian Philippot...

Le vice-président du FN ne se limite pas à ce sujet. "Des voix s'élèvent au sein de notre mouvement pour restreindre l'essentiel de nos prises de parole sur quelques sujets dits 'fondamentaux', à savoir l'immigration, l'insécurité et l'islamisme. Ce serait une erreur fatale : on ne rassemblera pas une majorité de Français en se repliant sur une base programmatique restreinte. […] Au contraire, notre mouvement doit s'ouvrir sur de nouvelles thématiques, parler à l'ensemble des Français sans aucune ambiguïté", estime-t-il. Ces "voix"-là seront ravies.

Puis Florian Philippot évoque des sujets sociétaux et notamment le droit à l'IVG :

Il a fallu attendre le 1er mai 2016 pour qu'une élue et cadre nationale de notre mouvement dise publiquement, et en meeting devant 2.500 militants, que notre parti bien sûr défend le droit à l'IVG et le droit à la contraception. Ces éléments sont dans notre programme depuis longtemps, essentiellement sous l'impulsion de Marine Le Pen, mais pourquoi hésiter à le dire aussi clairement ? Pourquoi même parfois ce sentiment qu'on n'ose pas le confirmer ?

Florian Philippot fait ici référence à ce discours de 2016 au cours duquel Sophie Montel avait expliqué que le FN défend "la sanctuarisation de la contraception et la non-remise en cause de l'avortement" et "le droit de la femme à disposer de son corps". Des mots prononcés quelques mois à peine après les déclarations de Marion Maréchal-Le Pen et Louis Aliot, en novembre 2015. Durant la campagne des régionales, les têtes de listes FN en Paca et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées avaient expliqué que, si elles étaient élues, elles arrêteraient de financer le planning familial dans leur région.

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