François Fillon répète ses propos sur le "patriotisme" et "nos races"

Publié à 12h40, le 26 novembre 2016 , Modifié à 17h18, le 27 novembre 2016

François Fillon répète ses propos sur le "patriotisme" et "nos races"
François Fillon © AFP

Ce sont des propos que François Fillon avait déjà tenus en 2013 et qu'il a répétés, en meeting d'entre-deux-tours de la primaire à droite, vendredi 25 novembre. Devant ses supporters à Paris, l'ancien Premier ministre et favori pour l'investiture de LR à la présidentielle a déclaré que "le patriotisme est la seule façon de transcender nos origines, nos races, nos religions".

En parlant de "nos races", le député de Paris explique donc que l'espèce humaine serait composée de plusieurs d'entre elles, un concept pourtant battu en brèche depuis les années 50 par l'Unesco et le consensus scientifique des anthropologues et généticiens.

Il y a trois ans déjà, l'ex-"collaborateur" de Nicolas Sarkozy prononçait la même phrase, au mot près :

Ce vendredi 25 novembre, Nadine Morano assistait à ce meeting et a semble-t-il apprécié ce propos de François Fillon, à qui elle s'est ralliée pour le second tour de la primaire. La phrase n'est en effet pas sans faire écho à la sienne sur la France, "pays de race blanche".

On peut d'ailleurs s'étonner que François Fillon parle ainsi de "races", lui qui, au moment de cette intense polémique initiée par Nadine Morano, avait très clairement pris ses distances avec cette dernière. Il affirmait alors qu'"à l'évidence", il n'aurait pas employé le terme de "race"... Il l'avait donc pourtant fait avant et il le refait aujourd'hui.

Certains objecteront sans doute que le mot "race" est présent dans le préambule de la Constitution de 1946, intégré à celle de la Ve République. "Le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés", peut-on y lire. Durant la campagne présidentielle de 2012, François Hollande avait promis de faire "supprimer le mot 'race' de notre Constitution", ce à quoi Nicolas Sarkozy s'était très fermement opposé. Une promesse finalement enterrée. Le sujet était revenu sur le tapis à l'initiative de Jean-Christophe Cambadélis et à l'occasion de la révision constitutionnelle (finalement avortée) sur la déchéance de nationalité. 

En 2013 mai cependant, l'Assemblée nationale avait supprimé le mot "race" de la législation, en le retirant du Code pénal, du Code de procédure pénale et de la loi sur la liberté de la presse.

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