François Fillon se dit "blessé" que le ministre des Finances d’Angela Merkel soutienne Emmanuel Macron

Publié à 09h13, le 20 avril 2017 , Modifié à 09h13, le 20 avril 2017

François Fillon se dit "blessé" que le ministre des Finances d’Angela Merkel soutienne Emmanuel Macron
© Martin BUREAU / AFP
Image Amandine Réaux


"Arrêtez de parler de l’Allemagne parce que si nous étions en Allemagne, monsieur Fillon, vous pourriez pas être candidat". C’est par cette punchline lors de L’Émission politique de France 2 qu’Aurélie Filippetti avait rappelé à François Fillon l’importance de la morale outre-Rhin. "En Allemagne, on démissionne pour avoir plagié une thèse", avait encore rappelé la députée PS de Moselle pour signifier que la rigueur prussienne n’aurait pas permis à l’ancien Premier ministre de rester candidat à la présidence de la République.

C’est selon ces principes que le ministre des Finances d’Angela Merkel, Wolfgang Schäuble, a dit qu’il "voterait probablement pour [Emmanuel] Macron" et non François Fillon, pourtant candidat du "parti frère" de la CDU. Ce jeudi 20 avril sur RTL, le député de Paris se dit "blessé" par cette prise de position :

- François Fillon : [Wolfgang Schäuble] a un peu corrigé le tir depuis en expliquant qu’il y avait quand même plus de proximité entre la CDU et Les Républicains. Bon, écoutez, chacun est libre de faire des jugements.

- Journaliste : Ça vous blesse ?

- François Fillon : Oui, un peu parce que j’aime bien Wolfgang Schäuble, que je connais depuis longtemps, donc oui, ça m’a blessé.


Ce sont les "attaques à l'égard de la justice et autres choses semblables" proférées par François Fillon en réaction aux révélations sur les emplois fictifs présumés de ses proches qui ont motivé Wolfgang Schäuble à se tourner vers le candidat d’En Marche !. En revanche, ce soutien à l’adversaire venu d’un proche de la chancelière allemande n’a pas poussé François Fillon à questionner et/ou modifier sa stratégie consistant à mettre en cause François Hollande et dénoncer l’existence d’un "cabinet noir" en mode "complot".

On notera également qu'à trois jours du scrutin, Angela Merkel n'a toujours pas appelé à voter pour François Fillon, alors qu'elle l'avait fait pour Nicolas Sarkozy en 2012. "Je sais ce qu’elle pense et je sais de quel côté balance son cœur", avait assuré l'ex-Premier ministre pour sous-entendre que la chancelière le soutenait quand même implicitement.

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