Hashtags haineux : Fleur Pellerin veut négocier avec Twitter sans le froisser

Publié à 07h14, le 09 janvier 2013 , Modifié à 07h18, le 09 janvier 2013

Hashtags haineux : Fleur Pellerin veut négocier avec Twitter sans le froisser
(Maxppp)
Image Delphine Legouté

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Pas encore de réunion physique en vue mais le gouvernement se dit en pleine "négociation" avec Twitter. Après une tribune de Najat Vallaud-Belkacem le 22 décembre dénonçant le "déferlement" de hashtags haineux sur le réseau social, c'est Fleur Pellerin qui semble avoir repris la main sur le dossier.

Invitée de LCI le 8 janvier, la ministre à l'Economie numérique a expliqué que Twitter devait s'adapter au système juridique français tout en prenant soin de ne pas froisser l'entreprise américaine :

La difficulté à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui, c'est que nous avons affaire à une entreprise qui a son siège aux Etats-Unis et où la conception de la liberté d'expression est peut-être plus extensive et donc ils nous faut trouver un terrain d'entente

Fleur Pellerin dit privilégier la négociation avec Twitter au "combat juridique". Son but : faire accepter à l'entreprise le retrait de certains contenus :

Une des mesures est de négocier le fait de pouvoir retirer les contenus, les hashtags qui sont litigieux et également d'obtenir de leur part qu'ils donnent l'identité des personnes qui, de manière répétitive, font des post de cette nature.

Actuellement en procès pour hashtag raciste (l'affaire #unbonjuif), Twitter a affirmé le 8 janvier ne pas pouvoir communiquer les données permettant d'identifier les auteurs de tweets haineux sans le feu vert de la justice américaine.

Fleur Pellerin souligne qu'il ne s'agit pas tant d'un problème technique ["Ils ont déjà retiré un certain nombre de hashtags lors d'une précédente plainte"] que d'une question de principe et de culture. Elle rappelle d'ailleurs à l'entreprise que son intérêt n'est pas de faire blocage :

Twitter vient d'ouvrir une antenne commerciale en France, et souhaite vraisemblablement s'installer en Europe, donc je pense qu'ils ont tout intérêt à s'adapter aux cultures juridiques et philosophiques et éthiques des pays dans lesquels ils souhaitent se développer.

Mais la ministre de l'Economie numérique - attentive au fait de ne pas  diaboliser l'entreprise - précise que Twitter est "très réceptif", que ses responsables ne se cachent pas derrière un "paravent juridique" (selon l'expression du journaliste qui l'interroge) et que les difficultés de dialogue sont surtout dues à "une petite question de décalage horaire" :

Ce sont des personnes coopératives avec qui il est tout à fait possible de discuter sans en passer par les tribunaux uniquement.

Autre demande de la ministre : ne pas en faire trop sur ces hashtags.

Il ne faut pas résumer twitter à ce seul incident. Cest un outil quand même formidable, utilisé par beaucoup de nos concitoyens pour autre chose que ces messages à caractère racistes ou homophobes et donc il ne faut pas faire enfler la polémique au-delà de ce qui est nécessaire.

Une réunion sur le sujet avait été annoncée pour le 7 janvier par Najat Vallaud-Belkacem, responsable de la lutte contre l'homophobie, avant d'être annulée en raison de l'absence des représentants de Twitter. Depuis, les deux ministres disent poursuivre leurs démarches de négociation.

Parallèlement, Twitter est en plein procès au TGI de Paris après une assignation en justice de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF). Ces derniers souhaitent, comme le gouvernement, le retrait des hashtags racistes et antisémites du réseau et l'identification des auteurs.

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