Hollande regrette d'être considéré par Macron non pas "comme un ancien Président" mais comme "un opposant politique"

Publié à 06h48, le 18 octobre 2017 , Modifié à 06h54, le 18 octobre 2017

Hollande regrette d'être considéré par Macron non pas "comme un ancien Président" mais comme "un opposant politique"
Emmanuel Macron et François Hollande. © AFP
Image Sébastien Tronche


Rien ne va plus du tout entre Emmanuel Macron et François Hollande. L’ancien chef de l’Etat, qui a modérément apprécié les critiques de son ancien conseiller élyséen lors de sa première grande interview télévisée sur TF1, s’est ainsi permis une nouvelle saillie contre la politique fiscale d’Emmanuel Macron, depuis Séoul. Une critique de la politique économique française depuis l’étranger qui a choqué dans les rangs macronistes.

Mais c’est de bonne guerre, répliquent en substance les proches de François Hollande qui soulignent l’inélégance du chef de l’Etat envers son prédécesseur qui l’avait fait ministre. François Hollande lui-même se plaint en privé du sort que lui réserve Emmanuel Macron et la majorité, comme il l’a confié "à plusieurs reprises en privé", rapporte Le Figaro de ce mercredi 18 octobre :

Je ne suis pas considéré par le pouvoir comme un ancien Président, mais comme un opposant politique.

« Un familier » de François Hollande pestait déjà la veille dans Le Parisien :

Il (Emmanuel Macron, ndlr) considère Hollande comme le chef du PS.

L’actuelle direction collégiale socialiste appréciera. Mais Emmanuel Macron n’aurait peut-être pas tort de voir en l’ancien Président un opposant. "Je rappelle que François Hollande ne s’est pas retiré de la vie politique et ne s’est jamais interdit de commenter l’actualité", souligne Michel Sapin, ancien ministre de l’Economie et collaborateur de François Hollande dans les colonnes du Figaro.

Dans la foulée des critiques émises par François Hollande – qui a jugé "brutale" la politique d’Emmanuel Macron -, la hollandie a resserré les rangs derrière l’ancien Président. "Je regrette son absence totale de reconnaissance", a pesté le sénateur PS Patrick Kanner qui dénonce également "l’attitude dédaigneuse" d’Emmanuel Macron. Et d’ajouter :

Je l’invite à davantage de retenue et de modestie et à plus se préoccuper de l’avenir des Français.

Pour le sniper hollandais, l’ex-député PS Sébastien Denaja, Emmanuel Macron surfe même sur le "Hollande-bashing" pour se refaire une santé sondagière :

En essayant de profiter des derniers relents du Hollande-bashing, Emmanuel Macron a démontré son cynisme et cherche à séduire la droite pour mieux remonter dans les sondages.

Ce n’est pas avec ce nouvel épisode de la guéguerre larvée que se livrent les deux hommes que François Hollande sera reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée, comme le chef de l’Etat l’a fait avec Nicolas Sarkozy.

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