Jean-Christophe Lagarde regrette que l’Assemblée ait perdu du temps avec "cette loi ridicule" sur la moralisation

Publié à 07h47, le 04 août 2017 , Modifié à 07h47, le 04 août 2017

Jean-Christophe Lagarde regrette que l’Assemblée ait perdu du temps avec "cette loi ridicule" sur la moralisation
Jean-Christophe Lagarde. © AFP
Image Sébastien Tronche


La lune de miel n’aura pas duré bien longtemps. Après avoir émis quelques critiques sur les économies demandées aux collectivités territoriales, les Constructifs, alliance des LR en marge du parti et des centristes de l’UDI, tous Macron-compatibles, regrettent de ne pas avoir été assez associés aux deux textes majeurs du début du quinquennat : la loi sur les ordonnances sur le code du travail et la loi de moralisation de la vie publique.

Président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde va encore plus loin et estime qu’un de ces deux textes était même de trop pour cette session extraordinaire estivale du Parlement. Celui sur la moralisation. Une perte de temps, selon le député de Seine-Saint-Denis qui peste, ce vendredi 4 août dans les colonnes du Figaro :

Il est triste que le Parlement ait été mobilisé tout l’été par cette loi ridicule sur "la confiance en la vie publique". En vérité, les parlementaires sont les élus les plus encadrés bien qu’ils soient les moins susceptibles de malversations.

Il poursuit, pas franchement ravi de la tournure de ce débat parlementaire :

Et cette réforme ne vise qu’eux, en passant sous silence les élus locaux ou la haute fonction publique. Rien n’est fait contre la pratique de représentants de l’administration d’Etat qui prennent des décisions lourdes au profit d’entreprises avant d’aller y pantoufler pour gagner mieux leur vie. Rien non plus sur le financement des syndicats. Tout cela est absurde.

Même son de cloche du côté du député Philippe Vigier, ex-président du groupe UDI lors de la précédente législature. Au Figaro, l’élu centriste fustige le manque d’ouverture du gouvernement envers ces députés "constructifs" :

Pour l’instant, nous n’avons rien obtenu du gouvernement.Les amendements que nous avons présentés sur la moralisation n’ont pas été repris. J’ai voté la loi d’habilitation pour le dialogue social en confiance, sans maugréer, sans barguigner. Mais nous avons demandé à être associés au travail de rédaction des ordonnances. Quatre fois. Et nous n’avons toujours pas de réponse.

Jeudi 3 août, l’Assemblée nationale a adopté en nouvelle lecture le texte sur la moralisation supprimant la réserve parlementaire. Un texte qui par ailleurs interdit les emplois familiaux pour les parlementaires et interdit également aux parlementaires d’être lobbyistes. Après un nouveau passage au Sénat, l'adoption définitive du texte aura lieu le 9 août.

La veille, le Parlement avait donné son feu vert définitif à la réforme du code du travail par ordonnances. Dans une interview au Parisien de ce vendredi 4 août, Edouard Philippe a présenté l'agenda pour la suite des événements et annoncé que les mesures du gouvernement seraient présentées en conseil des ministres le 31 août. 



[BONUS TRACK] Macron, trop perso

Dans ces critiques sur la majorité qui ne s’est pas assez ouvertes aux élus "constructifs" de l’Assemblée, Jean-Christophe Lagarde pointe plus particulièrement la manière de gouverner d’Emmanuel Macron. Ainsi le centriste souhaite-t-il que le président de la République exerce "un pouvoir moins personnel".

Il est en revanche plus satisfait de la collaboration avec le Premier ministre. "On sent chez Edouard Philippe une vraie volonté de travailler avec nous", se réjouit-il, ajoutant :



Disons les choses honnêtement, ça semble beaucoup moins le cas d’Emmanuel Macron.

Du rab sur le Lab

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