Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite, envisage un rapprochement avec le FN

Publié à 15h52, le 12 octobre 2016 , Modifié à 10h42, le 13 octobre 2016

Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite, envisage un rapprochement avec le FN
Jean-Frédéric Poisson © BERTRAND GUAY / AFP

Le FN a changé. Ce n'est pas le Lab qui l'affirme mais Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et candidat à la primaire de la droite. Tout ça grâce à Marine Le Pen et à ses lieutenants, Florian Philippot en tête, qui ont entrepris depuis janvier 2011, quand elle pris la présidence du parti, leur grande entreprise de "dédiabolisation". Dont acte. "Je n'ai jamais rencontré Marine Le Pen, mais je n'ai pas de raison de douter de sa sincérité à rompre avec certains des aspects les plus contestables du FN par le passé", commente Jean-Frédéric Poisson dans une interview à Valeurs Actuelles à paraître ce 12 octobre.

Pour le député des Yvelines, le FN a changé et il n'y a donc pas de raison pour que la droite n'en fasse pas autant. Jean-Frédéric Poisson explique ainsi, et le plus naturellement du monde, que le fameux "cordon sanitaire" qui existait entre la droite et l'extrême droite n'a aujourd'hui plus lieu d'être. Il dit :

 

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Le FN, qui siège dans toutes nos instances démocratiques, doit donc être considéré comme un parti comme les autres.

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Résumons : le président d'un parti politique partenaire de Les Républicains, candidat à la primaire de la droite, évoque sans détour un rapprochement avec le Front national. Comment cela se traduirait-il ? Par la possibilité de "cosigner une proposition de loi avec des membres du FN", par exemple. Ou le fait d'appeler à voter pour le FN face à la gauche au deuxième tour d'une élection dont serait privée la droite.

Pas vraiment surprenant de la part de quelqu'un qui :

1)     a participé au Rendez-vous de Béziers en mai dernier

2)     voterait Trump s'il était Américain

3)     trouve qu'Éric Zemmour est un "homme courageux" dont il dit partager les "analyses sur la perte dramatique de l'autorité de l'État".

Christine Boutin pourrait en avaler son chapelet. En 2014, l'ancienne présidente du parti chrétien-démocrate avait considéré que le FN était devenu "un parti païen". "Moi je dis aux catholiques, si vous votez Front national, vous votez contre les valeurs qui portent votre foi. Vous vous trompez totalement", disait-elle sur LCI. Elle ajoutait :

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Mais au-delà de tout cela qui est très essentiel, le Front national propose un repliement de la France sur elle-même, et ça ça veut dire la mort de la France. Ceux qui pensent voter Front national pensent défendre la France, mais c'est l'inverse qui va se passer.

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En 2015, l'ancienne ministre du Logement avait fustigé l'attitude de Marine Le Pen vis-à-vis de Jean-Marie Le Pen. "Je ne défends pas Jean-Marie Le Pen mais la médiatisation de leurs problèmes internes me semble ahurissante et indigne. Le Front National en ce moment donne une très mauvaise image. Pour moi, le Front National ne sera jamais fréquentable", jurait-elle sur Sud Radio

Mais ça, c'était avant. 

[Edit 13 octobre]Invité de L'Opinion, Jean-Frédéric Poisson est revenu sur sa position par rapport au Front national. Après avoir assuré qu'il était aussi éloigné d'Alain Juppé que de Marine Le Pen, le président du PCD explique avoir des différences de fond "irréductibles" avec le parti d'extrême droite :

 

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Sur le FN, j’ai des différences de fond avec eux qui, à mon avis, sont irréductibles. La préférence nationale, j’y suis opposé car je crois au mérite. Je n’ai pas la notion laïciste de la laïcité que prône le Front national. Je suis opposé à la peine de mort et ce n’est pas discutable.

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