Jean-Luc Mélenchon ne veut plus de séparation entre les mouvements politiques et les syndicats

Publié à 07h05, le 07 novembre 2017 , Modifié à 07h05, le 07 novembre 2017

Jean-Luc Mélenchon ne veut plus de séparation entre les mouvements politiques et les syndicats
Jean-Luc Mélenchon © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Image Sylvain Chazot


Imaginez, une journée grise de décembre et l'avenue des Champs-Élysées, au beau milieu de Paris, noire de monde, bloquée, envahie par des manifestants. Revivre 1995 : tel était le vœu de Jean-Luc Mélenchon, formulé en septembre, lors de son discours place de la République. Malgré les difficultés à mobiliser contre la politique menée par Emmanuel Macron, ce souhait de voir les Champs noircis par les insoumis.

Dans une interview publiée ce mardi 7 novembre par La Tribune de Genève, le quatrième de la présidentielle 2017 évoque la résignation d'une part des Français face à la réforme. "Cela peut se comprendre. L’an dernier, ils se sont déjà pris un coup sur la tête avec la loi El Khomri. Il y a eu toutes sortes de mobilisations, jusqu’à ce que tout le monde soit épuisé, puis plus rien… Et on recommence", résume-t-il. Voilà pourquoi, selon lui, il faut marquer les esprits autrement, avec, notamment, "une démonstration de force, en grand". "J’ai parlé d’une manifestation sur les Champs-Élysées pour frapper l’imaginaire. Mais quand on vise les Champs-Élysées, il faut être au moins 500.000 pour les remplir. Si tout le monde se mettait d’accord là-dessus pour décembre, on pourrait y arriver !", estime le leader de la France insoumise.

Tout est dans le "si tout le monde se mettait d'accord"...

Car pour Jean-Luc Mélenchon, si les Français sont si peu mobilisés contre la réforme du code du travail, si la France n'est pas, comme elle devrait l'être selon lui, "en pleine ébullition sociale", c'est en grande partie à cause des organisations syndicales. "Il y a eu une faute terrible de stratégie et de tactique contre Monsieur Macron", dit-il. Il ajoute :

Leur division [aux syndicats] est désastreuse. Leur refus du politique encore plus. Je pense que le temps de la séparation entre le mouvement politique et social est terminé. Nous venons de voir sous nos yeux dans quelle impasse cela nous enferme. Si l’on maintient les syndicats d’un côté et l’action politique et associative de l’autre, quand les syndicats se divisent, il n’y a plus moyen d’arriver à rassembler les masses populaires.

Et cela est possible, selon lui, car "l’esprit insoumis domine" en France. Jean-Luc Mélenchon en veut pour preuve les dernières élections législatives. "Ce n’est pas un événement banal que nous ayons 17 députés", juge-t-il.

Reste donc aux syndicats d'agir en conséquence et de faire de la politique. Et alors, veut croire Jean-Luc Mélenchon, ensemble, tout deviendra possible. 



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