Juppé dénonce les pratiques antiques de Delaunay et de sa liste de ceux qu'elle voudrait voir en Russie

Juppé dénonce les pratiques antiques de Delaunay et de sa liste de ceux qu'elle voudrait voir en Russie
Michèle Delaunay et Alain Juppé.

Alain Juppé donne une leçon de savoir vivre à Michèle Delaunay, dans un billet posté sur son blog le 7 janvier.

Dans cette note, le maire de Bordeaux revient sur les propos tenus par Michèle Delaunay le 4 janvier, dans la cour de Matignon. Interrogée sur les déclarations de Brigitte Bardot, qui affirmait vouloir à son tour demander la nationalité russe, la ministre chargée des personnes âgées avait répliqué sur le ton de l’humour :

J'ai une longue liste de personnes que je voudrais voir en Russie (...)
Je ne la connais pas personnellement. Non, je ne l'avais pas mise en haut de la liste. (...) Cette liste, je ne la confierai que par l'intermédiaire d'un avocat. Mais j'ai du monde !

Une blague de mauvais goût pour Alain Juppé, qui n’a pas vraiment apprécié ce trait d’humour ministériel.  Et qui réplique donc sur son blog en donnant un nom à l’idée exposée ironiquement par Michèle Delaunay : 

En bon français, on appelle cela “proscription”. Brrrr!

Proscription ? Vous avez dit proscrition ? 

Selon la description du Larousse le mot évoque tour à tour une condamnation arbitraire ou un exil forcé et renvoie directement... à l'Antiquité !

Dans l’Antiquité, la proscription est le nom donné aux mesures de condamnation arbitraire, annoncées par voie d'affiche, prises, à la fin de la République, par Marius, puis par Sulla et les seconds triumvirs. N'importe qui pouvait tuer ceux dont les noms étaient affichés.
Plus tard, on désignera sous ce terme le fait de condamner quelqu’un au bannissement.

Autant dire qu’Alain Juppé a trouvé les mots de Michèle Delaunay déplacés, au moment où plusieurs personnalités, dont Laurence Parisot ou Catherine Deneuve, accusent le gouvernement de créer "un climat de guerre civile" ou de vouloir faire "des boucs émissaires".

Ce billet donne surtout l’occasion au maire de Bordeaux de reprendre sèchement sa rivale de longue date.  En battant Alain Juppé aux élections législatives de 2007 en Gironde, Michèle Delaunay l’avait forcé à quitter son poste de ministre de l’Ecologie dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy. 

Du rab sur le Lab