Kelly Betesh, le visage de la "dédiabolisation" du FN qui écrivait : "le sida n'existe pas"

Publié à 16h31, le 09 novembre 2015 , Modifié à 20h53, le 09 novembre 2015

Kelly Betesh, le visage de la "dédiabolisation" du FN qui écrivait : "le sida n'existe pas"
Kelly Betesh, le 1er mai 2015 © THOMAS SAMSON / AFP
Image Sylvain Chazot


PASSION ARCHIVE - Longtemps, elle s'est présentée sous les pseudonymes de Kelly Poppy ou Kelly Efenji (Efenji, FNJ, vous l'avez ?). Mais, les responsabilités venant, elle se présente désormais sous sa véritable identité : Kelly Betesh.

Car l'étudiante n'est plus une inconnue  Depuis mars, elle est responsable FN pour les 5e et 6e arrondissements de Paris. Elle est sur la liste FN à Paris pour les régionales en Île-de-France, assure France 3 Île-de-France. Mais pas seulement. Ce lundi 9 novembre, Wallerand de Saint-Just, tête de liste frontiste, a présenté ses nouvelles affiches de campagne. Sur l'une d'elles, on y voit le visage de la jeune femme barrée d'un slogan : "préservons notre identité". Sur une autre, elle apparaît coiffée d'un bonnet rouge - censé symboliser Marianne - puis vêtue d'un niqab avec ce message : "Choisissez votre banlieue".





Cette étudiante en médecine est un visage, un symbole, l'illustration d'une certaine jeunesse aujourd'hui séduite par le vote FN quand hier elle manifestait contre Jean-Marie Le Pen. Kelly Betesh a rejoint le Front en 2012, convaincue par "la vision de la France" prônée par Marine Le Pen. Le parti se glorifie de cette image, exemple parfait de la "dédiabolisation" prônée par la direction. Ce qui ne l'empêche pas de déraper. En témoignent ses messages, publiés en décembre dernier et dans lesquels la jeune étudiante en médecine parle du sida :





On notera ce hashtag : #SIDAArnaqueDuSiècle. Et cette phrase sans ambiguïté :



Le sida n'existe pas.

Contactée par le Lab, Kelly Betesh reconnaît avoir écrit un "tweet maladroit" et admet une "confusion".

Elle dit :

Je voulais expliquer qu'il y a des incohérences sur les modalités de dépistage, que dans un pays on peut être déclaré séropositif et dans un autre non. J'ai écrit trop vite. Ça ne représente pas ma pensée.

Mea Culpa. Cet écart rapidement supprimé de Twitter mais inscrit dans la mémoire des internets ne perturbera pas sa trajectoire. L'intéressée affirme ne pas avoir d'ambition politique. "C'est une passion mais je n'ai pas envie d'en faire mon métier. Je préfère en avoir un vrai", jure-t-elle au Lab. Mais sa probable présence sur les liste FN aux régionales laisse pourtant croire le contraire.

Kelly Betesh est et reste, comme d'autres au Front national, le visage de la "dédiabolisation"Le 1er mai dernier, sous la pluie parisienne, elle s'affichait en tête du cortège du FNJ, vêtue d'une robe bleue blanc rouge conçue par ses soins pour l'occasion. Un an plus tôt, elle était derrière Marine Le Pen sur la tribune érigée place de l'Opéra.

C'est encore chez elle que s'est déroulé le *fameux* réveillon de la Saint-Sylvestre, l'an dernier, réunissant des jeunes cadres de l'UMP et du FN. Florian Philippot était même venu passer une tête, ravi de pouvoir célébrer 2015 avec cette jeunesse frontiste, cette nouvelle garde que le parti aime tant montrer et qui n'a pas fait allégeance à Jean-Marie Le Pen mais à sa fille, Marine Le Pen.

Kelly Betesh, comme d'autres, ne se reconnaît pas dans les provocations du "Menhir". C'est l'esprit du clan Philippot, symbolisé au printemps dernier par ce message – supprimé bien vite – du directeur de cabinet ddu n°2 du FN qui dénonçait les "pleurnicheries" de Jean-Marie Le Pen.





Preuve que les écarts sont toujours possibles. Dans l'ancien comme dans le néo-Front. 

Du rab sur le Lab

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