La chômeuse qui a alpagué Hollande en Vendée avait trouvé un emploi … à 500 euros par mois

Publié à 21h56, le 08 août 2013 , Modifié à 10h27, le 09 août 2013

La chômeuse qui a alpagué Hollande en Vendée avait trouvé un emploi … à 500 euros par mois
(Maxppp - Ouest France)
Image Le Lab

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"L'Etat ne peut pas tout". Cette petite phrase de Lionel Jospin est restée célèbre dans l'histoire politique française. Et François Hollande, marqué par cet épisode de l'histoire de la gauche, veut à tout prix éviter de donner ce sentiment d'impuissance. 

Sa rencontre avec une chômeuse de longue durée à la Roche-sur-Yon en est l'illustration.

François Hollande a été alpagué le 6 août en Vendée par Nathalie Michaud, 50 ans, sans emploi et vivant chez ses parents. Et c'est l'élément principal retenu de ce déplacement, avec l'image forte d'un président visiblement embarrassé.

Sans doute conscient de l'image laissée par cet échange, François Hollande a décidé que l'Elysée allait directement, et individuellement, s'occuper de son cas. Il a alors enfilé son costume de super-conseiller Pôle emploi. 

Et l'Elysée explique que ce 6 août, lors de son rendez-vous au Pôle emploi de sa commune et jour de sa rencontre avec le chef de l'Etat, Nathalie Michaud avait en fait trouvé un travail et accepté un contrat. 

Problème ? Il s'agit d'un contrat aidé à mi-temps, pour 500 euros par mois.

Mais avant de savoir cela, l'Elysée a décidé de prendre son cas en main. Avant même aussi d'avoir retrouvé la femme, à qui Ouest-France, Europe 1, France télévisions et le Lab notamment ont pu parler. 

  

Interrogé sur ce sujet, François Hollande a lui même évoqué son cas devant quelques journalistes ce jeudi 8 août en marge de son déplacement à Marly-le-Roi, dans les Yvelines. Son entourage confirmant que le président de la République a fait passer la consigne de tenter d’aider cette chômeuse.

Quelques heures plus tard, après une enquête menée par la préfecture, l'Elysée fait savoir que Nathalie Michaud est inscrite à Pôle emploi depuis octobre 2011 et qu'elle a accepté un contrat de travail le jour même de sa rencontre avec François Hollande. 

Mission accomplie ? Pas tout à fait. Au Lab, la désormais médiatique chômeuse explique n'avoir encore rien signé : 

Je n'ai rien signé du tout. J'ai accepté un contrat aidé, qui ne peut être signé que le 26 août. C'est un contrat pour un poste d'agent administratif dans un lycée (le lycée polyvalent Kastler-Guitton de La-Roche-sur-Yon , ndlr) pour lequel j'ai passé un entretien début juillet.

Sauf que, … ce contrat est un mi-temps, à 500 euros par mois, et pour une durée d'un an. Ce qui ne lui permet pas de vivre seule et de quitter le domicile de ses parents comme elle l'aurait souhaité.

Au Lab elle précise même que c'est à peine plus que ce qu'elle touche aujourd'hui avec ses prestations sociales. "J'ai accepté faute de mieux", admet-elle. 

Un bien maigre satisfaction donc pour le sommet de l'Etat qui souhaitait l'aider à trouver un contrat de ce type, un CAE, contrat d’accompagnement dans l’emploi. Mais l'Elysée ne compte pas lâcher l'affaire, assure l'entourage du chef de l'Etat qui explique :  

Si son salaire est bien de 500 euros par mois, nous souhaitons que son dossier soit examiné afin de lui permettre d'avoir un complément salarial.

Une manière de poursuivre le traitement individuel de ce dossier par François Hollande, super-conseiller Pôle emploi. 

Paul Larrouturou et Ivan Valerio. 

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