La députée PS Anne-Yvonne Le Dain reconnaît à l'Assemblée avoir fumé du cannabis jeune (et que ça l'endormait)

Publié à 07h20, le 30 novembre 2015 , Modifié à 09h36, le 30 novembre 2015

La députée PS Anne-Yvonne Le Dain reconnaît à l'Assemblée avoir fumé du cannabis jeune (et que ça l'endormait)
© Giphy
Image Sylvain Chazot


Faut-il oui ou non débattre sur la dépénalisation du cannabis ? Certains sont plutôt pour une discussion, comme Bruno Le Roux ou Christiane Taubira. "Je ne sais pas si c’est tentant, mais je pense qu’il n’est pas acceptable de ne pas y réfléchir. Or, pour l’instant, il y a une espèce d’intimidation sur le sujet", estimait par exemple la ministre de la Justice en juillet. Certains, en revanche, sont farouchement contre. "On peut débattre, mais le débat est clos", avait ainsi répondu, mi-juillet, Manuel Valls.

Pendant que ceux-là discutent sur l'opportunité ou non de débattre, Anne-Yvonne Le Dain, elle, est déjà en train de sortir ses feuilles à rouler. Enfin presque...

La députée PS est depuis longtemps favorable à une légalisation contrôlée du cannabis dans la sphère privée. Vendredi 27 novembre, à l'Assemblée nationale, elle a de nouveau évoqué le cas de la marijuana, comme l'a repéré l'internaute @elbrix





L'élu socialiste a également parlé de sa jeunesse - et de ses écarts. Voici ce qu'elle a déclaré selon le compte-rendu de séance disponible sur le site de l'Assemblée nationale :



Chacun d’entre nous a des valeurs et fait ses propres choix. Personnellement, je ne suis pas favorable à la consommation de cannabis, ni d’aucune substance illicite. J’ai trois garçons, je sais très bien quelle est la réalité. J’ai moi-même eu l’occasion, il y a un certain nombre d’années, de consommer du cannabis. Je dois vous avouer que, dès la deuxième prise, j’ai constaté que cela m’endormait et ne me faisait rien, et surtout j’ai compris que ce n’était pas bien.

Ce à quoi le député Philippe Goujon a rétorqué :



Ça laisse des séquelles !

Si Anne-Yvonne Le Dain a parlé ainsi de son passé, c'est parce qu'elle "plaide pour que la première infraction soit sanctionnée par une amende de cinquième classe, de manière que le procureur de la République soit saisi et qu’un accompagnement par la société puisse être diligenté".

Elle a ajouté :



Si je plaide pour une amende, c’est pour éviter que les tribunaux ne soient encombrés par les gens qui consomment du cannabis – il y en a partout, dans les grandes et les petites villes, dans les banlieues, en milieu rural.  […] Mais il y a aussi des personnes de plus de 65 ans qui consomment régulièrement du cannabis et qui en cultivent dans leur baignoire ou le placard de leur salle de bains : c’est une réalité objective. Il faut faire quelque chose !

En novembre 2014, la députée PS et co-auteur d’un rapport parlementaire sur l’évaluation de la lutte contre l’usage de substances illicite, se disait favorable à une légalisation contrôlée du cannabis dans la sphère privée. "On est face à une situation de fait. On n'arrêtera pas ce déploiement du haschisch en France. Je suis une députée qui a fait un travail d'évaluation, ce n'est que ma parole et mon opinion. On pourrait imaginer une vente sous contrôle de l'Etat", disait-t-elle.

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