Laurent Wauquiez admet avoir droitisé son discours pour des raisons électoralistes

Publié à 10h24, le 08 novembre 2017 , Modifié à 10h25, le 08 novembre 2017

Laurent Wauquiez admet avoir droitisé son discours pour des raisons électoralistes
Laurent Wauquiez © AFP
Image Sylvain Chazot


Il le promet : "la droite est de retour". Et pas la droite molle. Non, la vraie droite. La dure. La tatouée. Laurent Wauquiez l'assure : lui président de Les Républicains, il n'aura pas de gêne à parler d'identité, de civilisation, d'immigration… Et tant pis si ça irrite les bien-pensants.

Il en est un qui pourrait être profondément irrité par Laurent Wauquiez en 2017, c'est le Laurent Wauquiez de 2011. Ce mercredi 8 novembre, L'Express consacre un long article au président d'Auvergne-Rhône-Alpes. L'hebdomadaire exhume une citation qui ferait passer le Wauquiez 2011 pour une espèce de gauchiste bien-pensant aux yeux du Wauquiez 2017. Voici en effet ce que l'élu LR déclarait il y a 6 ans dans Libération :



On court après l'extrême droite, on va sur ses thèmes. Ce n'est pas comme cela qu'on doit la combattre. L'UMP ne doit pas restreindre son discours aux thèmes chers à Marine Le Pen. Il n'y a pas de débat à avoir sur l'islam, il est évident que l'islam est conciliable avec la République. […] Alors j'assume. Il faut battre le FN. Je vote pour celui qui est en face. Qu'il soit de droite ou de gauche.

Un discours plutôt surprenant de la part de celui qui, six ans plus tard, en 2017, lorsque la même Marine Le Pen s'est retrouvée au second tour de la présidentielle face à Emmanuel Macron, a refusé d'appeler à voter pour ce dernier. Mais Laurent Wauquiez assume. Mieux : il a une explication. S'il a changé de positionnement politique, c'est pour des raisons électoralistes. Interrogé par L'Express sur ce changement de braquet, il répond :

Quand j'ai vu, en 2012, que nous ne réussissions pas à siphonner les voix du FN, j'ai changé d'avis.

Voici donc la preuve que le positionnement politique de Laurent Wauquiez peut varier en fonction des intérêts électoraux. On comprend du coup mieux comment celui qui fut longtemps le visage d'une droite sociale est, aujourd'hui, soupçonné de vouloir s'allier avec l'extrême droite. "Il a une grande culture, mais pas de convictions. Il a vu une opportunité stratégique et s'est convaincu de suivre cette ligne, car là est son intérêt", résume l'un de ses proches dans L'Express.



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