Le constat cinglant de Bernard Accoyer, futur ex-patron de LR : "Nous sommes des morts-vivants"

Publié à 21h02, le 06 décembre 2017 , Modifié à 21h13, le 06 décembre 2017

Le constat cinglant de Bernard Accoyer, futur ex-patron de LR : "Nous sommes des morts-vivants"
Bernard Accoyer © PIERRE VERDY / AFP
Image Etienne Baldit


FEAR THE WALKING DEAD - Quel avenir pour Les Républicains après cinq ans dans l'opposition et cinq ans de plus à venir, du fait des déroutes de la présidentielle et des législatives ? Pour Laurent Wauquiez, la cause est entendue : "La droite est de retour" et on va voir ce qu'on va voir, scande le très probable futur président de LR, qui doit logiquement être élu ce dimanche ou au plus tard la semaine suivante, en cas de second tour. Mais tout le monde à droite ne partage pas cet optimisme. On peut même dire qu'un certain nombre de cadres de l'ex-UMP sont en proie à une bonne grosse déprime plus que saisonnière.

Prenez Bernard Accoyer, par exemple. Il avait accepté, sans enthousiasme aucun, de prendre temporairement la tête du parti sur demande de son champion, François Fillon. Deux ou trois petites bricoles se sont passées depuis, et peu ont été positives. Alors, à quelques jours de rendre son tablier de secrétaire général de LR, l'ancien député de Haute-Savoie dresse un constat des plus sombres. Dans les colonnes de L'Express, qui interroge ce 6 décembre plusieurs (ex)cadres RPR-UMP-LR sur leur vision de leur parti en cette fin d'année 2017, l'ancien président de l'Assemblée nationale balance :

C'est une catastrophe. Nous avons commis toutes les erreurs possibles, et le mouvement a trop fonctionné comme un instrument d'accès ou de maintien au pouvoir. Aujourd'hui, ce parti n'a plus de colonne vertébrale. La vérité oblige à dire que nous sommes des morts-vivants.

Voilà qui n'aidera certainement pas à motiver les adhérents LR pour aller voter dimanche, eux qu'on attend déjà en nombre assez limité... Notez que ce n'est pas la première fois qu'on entend ce genre de mots à droite depuis le mois de mai. Bernard Accoyer, déjà lui, disait fin octobre avoir "parfois l’impression d’être entouré de fantômes ou… de zombies" au siège de Les Républicains. Entre temps, il est donc passé de "l'impression" à la certitude. Et Édouard Philippe, parti brouter l'herbe un tantinet plus verte de la macronie, ironisait en novembre sur ses journées parfois difficiles de Premier ministre : "Ces jours-là, je pense que je pourrais être aujourd'hui membre LR et me fader ces morts-vivants. Et ça, franchement, ça me console !" 

Dans L'Express cette semaine, d'autres illustres anciens se désolent de l'état du parti, et notamment du rêve oublié d'union de la droite et du centre qui avait présidé à la création de l'UMP en 2002. Luc Chatel, qui en fut le secrétaire général en 2014 (de l'affaire Bygmalion au retour de Nicolas Sarkozy, autre période pas hyper réjouissante non plus), est lui aussi tranchant :

De la promesse de 2002, il ne reste... rien. Le mouvement s'est asséché, il ressemble à une secte de droite. [...] Il ne faut pas que la droite s'excuse de son positionnement sur l'identité ou la sécurité, mais elle doit aller bien au-delà, sans quoi elle se caricature elle-même.

Autant dire que le boulot de remobilisation des troupes qui attend le prochain patron est plutôt sérieux...





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