Le député LREM Adrien Taquet veut "délocaliser l'Assemblée nationale à Marseille"

Publié à 15h13, le 13 novembre 2017 , Modifié à 15h40, le 13 novembre 2017

Le député LREM Adrien Taquet veut "délocaliser l'Assemblée nationale à Marseille"
Marseille. © AFP
Image Loïc Le Clerc


C'est Jean-Luc Mélenchon qui va être content, lui qui a fait de la cité phocéenne son nouveau fief électoral. Ce lundi 13 novembre, un autre député, LREM lui, propose de "raser le Palais Bourbon" pour le délocaliser à Marseille.

La proposition peut paraître saugrenue, et pourtant, Adrien Taquet, député-marcheur des Hauts-de-Seine, publie un texte en ce sens dans le Huff Post, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès, think tank proche du Parti socialiste.

Adrien Taquet écrit :



Dans un pays centralisé comme le nôtre où le fossé semble irrémédiablement se creuser entre les citoyens et leurs représentants, à une époque comme la nôtre où le virtuel redéfinit un peu plus chaque jour la notion même 'd'être ensemble', la question mérite d'être posée. Alors quoi ?! Faut-il raser le Palais Bourbon ?

Délocaliser l'Assemblée nationale à Marseille afin de décentraliser le pouvoir. L'idée a le mérite d'aller à contre-courant, dans un pays comme la France. Pour commencer, Adrien Taquet explique en quoi l'actuelle Assemblée ne convient plus :



Tout projet impliquant l'Assemblée nationale [...] doit désormais s'envisager à 350 députés : c'est une réforme inéluctable [...] S'avouer ensuite que le Palais Bourbon est une hérésie architecturale au regard des standards contemporains, du bien-être et de l'efficacité au travail. Le confort remonte au XIXe siècle, la connectivité au XXe : sous les toits, des cages à lapin pour bureaux, dont le seul charme est de nous rappeler la chambre d'étudiant de nos 20 ans ; des espaces dédiés au travail collectif peu nombreux, qui favorisent davantage la déprime que le partage ; un hémicycle fortement déconseillé à toute personne mesurant plus d'un mètre soixante-quinze (ne parlons pas des personnes en situation de handicap).

Pour toutes ces raisons, le député propose de "faire de Marseille la nouvelle capitale législative de notre pays". Adrien Taquet rappelle que "d'autres pays l'ont fait avant nous" comme le Chili ou le Brésil. Même Nicolas Dupont-Aignan y avait pensé, proposant en 2011 de "délocaliser l’Assemblée Nationale au Bundestag". Mais peut-être était-ce du cynisme anti-européen...

Puis, Adrien Taquet va plus loin, évoquant une "Assemblée de demain [qui] n'aura peut-être plus aucune réalité physique" et où "chaque député accédera, via une interface, à un Parlement virtuel où chacun de ses collègues apparaîtra à l'écran, débattant mais à distance [...]  Et pourquoi pas aller jusqu'à converser en direct avec des citoyens, qui viendraient éclairer de leur vécu bien réel cet hémicycle virtuel."

Cette dernière suggestion n'est pas sans rappeler celle émise par son collègue Bruno Bonnell, député LREM également. Le 8 novembre, il proposait "que certains amendements, pour éviter de dormir à Paris, soient votés en ligne ou au téléphone pour certains d’entre eux techniques".

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