Le multiplex du dimanche 8 octobre avec Rugy, Hidalgo, Collomb, Royal et Pécresse

Publié à 10h04, le 08 octobre 2017 , Modifié à 13h04, le 09 octobre 2017

Le multiplex du dimanche 8 octobre avec Rugy, Hidalgo, Collomb, Royal et Pécresse
© Montage via AFP
Image Sylvain Chazot


#MULTIPLEXPOLITIQUE - C'est dimanche et comme tous les dimanches, c'est multiplex. L'occasion pour le Lab, au moins une fois dans la semaine, de se mettre en quatre et de vous proposer le meilleur des interviews dominicales.

Au menu : François de Rugy au Grand Rendez-Vous Europe 1 / Les Échos / CNews, Anne Hidalgo au Grand-Jury RTL / LCI / Le Figaro, Gérard Collomb à BFM Politique, Ségolène Royal à Questions politiques France Inter / France Info / Le Monde et Valérie Pécresse au Live Politique sur LCI

  • François de Rugy





#Bordel 2, le retour

Emmanuel Macron a provoqué quelques remous en parlant de ceux qui "foutent le bordel" mercredi. L'intéressé a déjà fait savoir qu'il regrettait l'usage de ce mot mais qu'il maintenait le fond. François de Rugy, lui, approuve les deux. Et pour défendre le chef de l'État, le président de l'Assemblée nationale fait appel à deux autres illustres prédécesseurs d'Emmanuel Macron :

Est-ce qu'aujourd'hui, il y a des gens qui regrettent que le général De Gaulle ait parlé de 'la chienlit' ? Franchement, ça a toujours existé. Georges Pompidou a dit qu'il fallait arrêter d'emmerder les Français avec des législations trop compliquées, d'ailleurs, déjà à l'époque, on avait le souci de simplification par rapport à une trop grande complexité de la législation.

Et François de Rugy de poursuivre en expliquant que, quel que soit le camp politique, on entend, de ci, de là, des mots plutôt grossiers. D'ailleurs, le président de l'Assemblée nationale en a marre de ce faux problème et il le dit franchement : "Revenons au fond. J'ai envie de dire : Et le fond, bordel ?". Ce qui marche aussi avec la tendresse, notez. 



#Langue de bois écolo

François de Rugy est interrogé sur le document révélé par Mediapart et qui montre, qu'en coulisses, la France est beaucoup moins engagée sur les questions écologiques qu'Emmanuel Macron veut bien le faire croire, notamment lorsqu'il interpelle devant la planète entière Donald Trump. "Make Our Planet Great Again", cela sonne bien. Mais, dans les alcôves, et comme le révèle Mediapart, la France freine des quatre fers.

Président de l'Assemblée nationale et ancien leader des députés écolos, François de Rugy est concerné au premier chef par ce sujet. Pas question pour autant de désavouer le pouvoir en place. Le 4e personnage de l'État se livre donc à un grand numéro de détournement pour minimiser l'apparent double discours de la France :

Sur ce sujet-là, c'est un bon exemple, il y a tout de suite des gens qui se posent la question, notamment dans les milieux écologiques, associatifs mais surtout politiques : est-ce qu'il faut applaudir ou est-ce qu'il faut gémir ? C'est tout le temps ça le réflexe. Applaudir ou gémir ? Moi je préfère qu'on se pose la question de comment il faut agir. […] Oui, ce n'est pas facile de faire bouger le secteur énergétique, pas plus en France qu'ailleurs.

Et François de Rugy d'assurer qu'Emmanuel Macron et les députés LREM ont été élus pour mener des "transformations". Soit.

Selon un document de travail qui circule depuis quelques jours, Paris explique clairement qu'investir massivement dans les énergies renouvelables, ce n'est pas pour tout de suite. Dans les faits, les pays de l'Union européenne doivent en ce moment établir comment ils peuvent atteindre les 27% d'énergies vertes en 2030, selon les modalités de l'accord de la COP21. Mais la France souhaite que les contrôles ne soient pas effectués avant 2027.



  • Anne Hidalgo



#Comme François

François Baroin laisse éclater sa colère ce dimanche dans le JDD. Le président de l'Association des maires de France dénonce la volonté du gouvernement d'imposer 13 milliards d'euros aux collectivités. Le maire de Troyes reçoit le soutien de son homologue de Paris : Anne Hidalgo. "Les maires sont garants d'un pacte républicain au plus près des habitants. Les maires sont les garants d'une cohésion, qu'ils soient de droite ou de gauche. C'est pour ça que je me retrouve vraiment dans les propos de François Baroin dans le JDD de ce matin", dit-elle, avant d'ajouter : 



Je pense que ce qu'il faut, c'est ce que dit d'ailleurs François Baroin, c'est que l'histoire, les lois, soient écrites avec les principaux acteurs. On ne peut pas écrire un budget qui va bouleverser à ce point la vie des municipalités sans que les maires soient eux-mêmes impliquées dans l'écriture de cette loi ou de ces mesures


#La preuve par les JO

Anne Hidalgo est souvent attaquée sur sa politique en matière de transport et notamment la réduction de la place accordée à la voiture. Ça râle dans les bouchons. Mais la maire de Paris n'en démord pas : la voiture est "le modèle du passé".

Après avoir rappelé que 9 Parisiens sur 10 n'utilisent pas leur voiture pour aller travailler mais privilégient la marche, les transports en commun, le vélo, etc. Anne Hidalgo a défendu sa politique en la matière. Et cette politique est bonne, selon elle. D'une part parce que "la pollution, ça tue", et qu'il faut lutter contre, même si ça crie. D'autre part, parce que Paris a eu les Jeux olympiques. Aucun rapport ? Mais si. Regardez : 

Vous croyez vraiment qu'on aurait gagné les Jeux olympiques en étant une ville qui se serait arrêtée sur le modèle du véhicule thermique sans rien dire ?

Personne ne sait vraiment si la politique d'Anne Hidalgo en matière de circulation a joué un rôle dans l'attribution des J.O de 2024 à Paris. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que l'absence d'adversaires a sûrement joué.



  • Gérard Collomb



#Insérer

Où l'on parle de radicalisation et de laïcité avec Gérard Collomb. Pour faire écho aux propos de la députée LFI Danièle Obono selon laquelle refuser de faire monter une femme dans un bus n'était pas forcément un signe radicalisation mais plutôt de sexisme, la journaliste de BFMTV demande au ministre de l'Intérieur si, selon lui, un fonctionnaire qui refuse de serrer la main d'une femme est un signe de radicalisation.

Le premier flic de France rétorque :

Je pense que ce n'est pas conforme à la laïcité à la française. Ce que nous voulons, c'est essayer d'insérer les musulmans de France dans ce qu'est notre laïcité.

"Insérer les musulmans". La formule est lâchée. Gérard Collomb poursuit en expliquant que l'apprentissage de la laïcité est difficile. "Ça n'a pas été si facile pour la religion catholique en 1905. Mais cette loi est une loi de liberté", dit-il, se référant aux mots d'Aristide Briand sur le sujet. 



#Rural nation

On reproche souvent à Emmanuel Macron de n'avoir jamais été un élu local et donc, de ne pas percevoir toutes les difficultés d'administrer une collectivité. D'autres ajoutent que l'actuel Président n'a pas d'ancrage rural et est, par conséquent, déconnecté des réalités locales.

Que nenni, affirme Gérard Collomb. Pour le ministre de l'Intérieur, Emmanuel Macron a bien un ancrage rural. Il le prouve :

Il a un ancrage rural. Lorsqu'il était candidat, les premiers signataires pour faire en sorte qu'il soit candidat à la présidentielle, c'était des élus de communes qui étaient entre 300 et 2.000 (habitants). Pourquoi ?  Parce qu'ils ne dépendaient pas des consignes des partis politiques et qu'ils étaient libres.

Présenté ainsi, l'ancrage est énorme.



  • Ségolène Royal



#Espagne républicaine

Interrogée sur ce qui l'a marquée cette semaine dans l'actualité, Ségolène Royal revient sur les tensions actuelles entre le pouvoir central et la Catalogne. L'ex-ministre de l'Ecologie s'attarde notamment sur le jour du référendum, le 1er octobre, et sur les violences policières qui ont eu lieu. Elle développe :

En terme d'images, ce qui m'a frappée, c'est le comportement de la police espagnole. Je me suis dit : comment se fait-il qu'au coeur de l'Europe on puisse voir une police soi-disant républicaine défoncer les portes des mairies, arracher des urnes, jeter à terre des personnes, y compris des personnes vulnérables, des personnes âgées.

Une "police républicaine" au Royaume d'Espagne, il y a de quoi être choqué, sachant que la République espagnole n'est plus depuis que le général Franco l'a matée.

Ensuite, Ségolène Royal se montre rassurée des agissements de la police française (et républicaine), en comparaison avec la Guardia Civil :

Et je me suis dit, par comparaison, on pouvait être fier de la police française, car c'est inimaginable de voir en France, avec le respect du Code de procédure pénal, le respect du Code civil, c'est impensable de voir en France la police se comporter de cette façon-là et c'est tout à son honneur.

Comme le fait justement remarquer un journaliste de France Inter, "c'est loin 2016", ces manifestations contre la loi Travail, Nuit debout, etc. Pour rappel, , ici et encore .

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  • Valérie Pécresse



# Hidalgo, cette réac'

Entre Anne Hidalgo, la maire de Paris, et Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, il y a à peu près autant d'amour qu'entre Manuel valls et Jean-Luc Mélenchon. Leur sujet de conflit de ces dernières semaines : la circulation. Anne Hidalgo met en place une politique de diminution du trafic (et donc de la pollution), ce à quoi Valérie Pécresse n'adhère pas du tout.

Elle lance :



C'est un tout petit d'arrière-garde de lutter contre la voiture. Ce qu'il faudrait faire, c'est accentuer la transition écologique des voitures. Anne Hidalgo fait de l'idéologie, elle dit qu'il faut tout collectiviser.

Et l'histoire est loin d'être finie...

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