Le SMS *subtil* de Nicolas Sarkozy à Valérie Pécresse pour obtenir son soutien

Publié à 18h22, le 11 octobre 2016 , Modifié à 21h12, le 11 octobre 2016

Le SMS *subtil* de Nicolas Sarkozy à Valérie Pécresse pour obtenir son soutien
© Montage Le Lab via AFP

Le 9 septembre, Nicolas Sarkozy a déposé 103 parrainages de parlementaires, soit 83 de plus que les 20 nécessaires pour concourir à la primaire. Une démonstration de force, alors que plusieurs de ses concurrents ont galéré à recueillir les soutiens de députés et sénateurs, comme Nathalie Kosciusko-Morizet. Quand d’autres ont dû carrément jeter l’éponge (ce fut le cas de Nadine Morano).

Mais ce n’est toujours pas assez pour l’ancien patron de LR. Il convoite d’autres soutiens de poids lourds de son parti, et notamment celui de Valérie Pécresse. Et pour attirer la présidente de la région Île-de-France dans ses filets, Nicolas Sarkozy a usé d’une technique *subtile*, rapportée dans un confidentiel de L’Express, en kiosques le 12 octobre. Après la sortie de son livre de candidature Tout pour la France, il a adressé un SMS pour le moins énigmatique à son ancienne ministre :

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Regarde page 123.

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Mais alors, que trouve-t-on page 123 ? Un paragraphe sur le Grand Paris, projet impulsé par Nicolas Sarkozy lui-même en 2008, mais qu’il entend désormais "supprimer". Selon lui, "le pouvoir en place a réduit" l’ambition qu’il avait voulu donner à ce projet "à un Meccano institutionnel illisible". Il écrit :

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Lever tous ces freins sera d’ailleurs l’une des conditions pour que le Grand Paris soit conforme à la direction que nous lui avions fixée en 2008. Je voulais à l’époque que nous retrouvions l’ambition des grands projets d’infrastructures, que nous améliorions profondément les réseaux de transport franciliens et que nous créions des pôles de recherche de dimension mondiale. Le pouvoir en place a réduit cette ambition à un Meccano institutionnel illisible. Il y a, dans la région Île-de-France, un conseil régional élu au suffrage universel, 8 départements, 1.280 communes, les intercommunalités et une nouvelle instance dénommée 'La Métropole du Grand Paris'. Tout se chevauche, s’additionne, se contredit. Il faudra considérablement simplifier ce qui est devenu un monstre administratif. Le retour au conseiller territorial nous permettra de rapprocher les départements et la région. Quant à la structure du Grand Paris, il faudra la supprimer. Le conseil régional pouvant utilement reprendre toutes ses compétences.

 

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Le conseil régional justement présidé par… *suivez son regard*... Valérie Pécresse.

Car depuis 2014, la cheffe de la première région de France réclame la suppression du Grand Paris, ce nouvel échelon territorial qui a vu le jour le 1er janvier dernier. Lundi, l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur a adressé un courrier aux sept candidats à la primaire de la droite, dans lequel elle demande la "suppression pure et simple de la Métropole du Grand Paris, un contresens très coûteux créé par le gouvernement". Elle souhaite, en échange, la création d’un nouveau statut pour l’Île-de-France, celui d’une région-métropole stratège sur les grandes orientations économiques, les infrastructures clés et les grands événements.

Après la publication de notre article, le vice-président de la Métropole du Grand Paris Philippe Dallier a regretté que le futur du projet ne "devienne un enjeu de la primaire". Il dit sur Twitter : 

Le choix de Valérie Pécresse devrait se porter sur le candidat le plus offrant. Et Nicolas Sarkozy espère bien être celui-ci. Mais attention : le camp de Bruno Le Maire estime, quant à lui, que Valérie Pécresse est "incontournable" pour Matignon... tout comme Alain Juppé qui lui a tendu la main sans la nommer.



[BONUS TRACK]

Valérie Pécresse est bien consciente d'être courtisée par tous. Une situation qui l'amuse, comme le rapporte Le Canard Enchaîné, en kiosques le 12 octobre. Voici ce que la patronne de l'Île-de-France a confié à des proche s:

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Tout le monde me drague. Mais il va bien falloir que je choisisse, sinon je vais passer pour une allumeuse !

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La présidente de région ajoute qu'"une seule fonction pourrait [lui] faire quitter la région, c'est Matignon"

Du rab sur le Lab

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