Les fillonistes le jurent : l'idée de majorité pénale à 16 ans "n'a rien à voir" avec Sarkozy

Publié à 10h04, le 16 février 2017 , Modifié à 10h10, le 16 février 2017

Les fillonistes le jurent : l'idée de majorité pénale à 16 ans "n'a rien à voir" avec Sarkozy
Éric Woerth et Bruno Retailleau, le 16 janvier 2017 © Montage Le Lab via iTélé et Franceinfo:

AUCUN LIEN - C'est une tentative plutôt réussie : en proposant, en meeting à Compiègne mercredi 15 février, d’abaisser la majorité pénale à 16 ans, François Fillon a fait parler de lui autrement que par le biais de la très embarrassante et handicapante affaire des emplois fictifs présumés de son épouse. Enfin un peu de fond pour le candidat de la droite à la présidentielle. Et tant pis si cette mesure percutante n'est pas de lui. Jusqu'à ce jour, l'ancien Premier ministre ne défendait en effet pas du tout cette idée... contrairement à un certain Nicolas Sarkozy durant la primaire.Et justement, les deux hommes avaient déjeuné ensemble le jour-même de cette conversion filloniste, le candidat étant en quête du patronage de l'ancien Président pour calmer les ardeurs des frondeurs de LR qui cherchent à le pousser dehors. 

Certains *mauvais esprits* y ont vu une relation de cause à effet, imaginant que Nicolas Sarkozy aurait pu souffler cette ouverture sécuritaire à François Fillon comme un conseil pour relancer une campagne engluée dans une affaire, voire qu'il l'aurait réclamée en échange de son soutien. Mais PAS DU TOUT, affirment en chœur les fillonistes ce jeudi, alors que cette proposition est débattue un peu partout. Écoutez plutôt l'ex-sarkozyste devenu filloniste Éric Woerth, sur Franceinfo:  : "Ça n'a rien à voir", dit à cinq reprises le député de l'Oise, tout en admettant que François Fillon s'inspire bien ici de Nicolas Sarkozy :

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Ça n'a rien à voir. Le discours de François Fillon n'a rien à voir avec le déjeuner qu'il a eu avec Nicolas Sarkozy le même jour. Mais strictement rien à voir. D'autant plus que le discours de François Fillon, il était rédigé bien avant, il a fait l'objet de plein de discussions, j'ai participé en partie à ces discussions, et le sujet des mineurs a été évoqué à plusieurs reprises au sein de son équipe. Donc ça n'a rien à voir. On peut toujours dire qu'il y a des coïncidences, mais ça n'a rien à voir.



Et puis finalement, quelle importance ça a ? Je note que Nicolas Sarkozy est dans notre famille politique, il a même été le leader de notre famille politique, il a peut-être même été président de la République et François Fillon a peut-être même été son Premier ministre et donc il y a plein de sujets qu'ils partagent ensemble. [...] [François Fillon] reprend un certain nombre d'idées qui ont été émises par Nicolas Sarkozy et par d'autres, les choses ne sont pas aussi simples que cela. François Fillon, il a le droit de faire évoluer sa pensée.

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Un bel effort de déminage à revoir en vidéo :



Même propos certes plus court de la part du très fidèle filloniste Bruno Retailleau, sur iTélé :

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- Journaliste : Une vieille proposition défendue par Sarkozy qui la défendait lors de la primaire : est-ce que c’est lui qui l‘a soufflé hier lors du déjeuner avec Fillon ?



- Bruno Retailleau : Non, ça fait quelques jours que cette proposition était dans les tuyaux.

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Merci donc de noter que si Fillon fait du Sarkozy, cela n'a rien à voir avec Sarkozy. 

Du rab sur le Lab

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