Emmanuelle Cosse juge "inadmissible" que François Fillon "poursuive sa campagne"

Publié à 08h04, le 16 février 2017 , Modifié à 08h41, le 16 février 2017

Emmanuelle Cosse juge "inadmissible" que François Fillon "poursuive sa campagne"
Emmanuelle Cosse sur France 2, jeudi 16 février 2017
Image Etienne Baldit


Le Parti socialiste et notamment le gouvernement sont finalement assez prudents sur l'affaire des emplois fictifs présumés de Penelope Fillon. Visiblement désireux de ne pas alimenter plus encore les accusations de manipulation politique venue de l'Élysée, les éléphants et autres ministres s'en tiennent jusqu'ici, pour la plupart, à expliquer que justice doit être rendue. Emmanuelle Cosse se fait beaucoup plus directe, jeudi 16 février sur France 2.

Invitée des 4 vérités, la ministre du Logement est interrogée sur la proposition d'abaisser la majorité pénale à 16 ans, faite par le candidat LR à la présidentielle en meeting à Compiègne la veille, dans une séquence où il tente de relancer sa campagne sur le fond pour contrebalancer les polémiques sur les affaires. Emmanuelle Cosse voit dans ce genre d'idées des "diversions" de la part du vainqueur de la primaire, qui "devrait arrêter sa campagne", jugeant "inadmissible" qu'il la poursuive :

François Fillon, qui devrait arrêter sa campagne - parce que c'est inadmissible qu'un candidat qui est dans de tels pétrins judiciaires poursuive sa campagne - ferait mieux d'arrêter les diversions sur la colonisation [voir ici, ndlr], sur la majorité pénale des mineurs, la sécurité, il a aussi fait des sorties sur la suppression des prestations sociales aux étrangers en jouant sur un flou dans ses propos [voir ici, ndlr]. À un moment, ça suffit la diversion. Aujourd'hui, je crois que le sujet n'est pas des questions de sécurité, de dispositifs législatifs liés à la sécurité, c'est de donner des moyens pour que d'une part la police puisse agir, que la justice puisse poursuivre les gens de manière rapide, et qu'on puisse aussi pacifier les endroits qui le nécessitent. 

C'est la prise de position gouvernementale la plus catégorique depuis les premières révélations du Canard Enchaîné, il y a trois semaines. Le 3 février, l'ancien Premier ministre et actuel ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, avait ainsi simplement demandé à François Fillon de "tirer toutes les leçons et de prendre ses responsabilités".

Mardi 14 février sur France 5, le candidat du PS à la présidentielle, Benoît Hamon, avait pour sa part assuré qu'à la place de François Fillon, il "aurait abandonné" et retiré sa candidature.







[BONUS TRACK]

Emmanuelle Cosse s'est également exprimée sur les propos d'Emmanuel Macron relatifs à la colonisation française en Algérie. Le candidat à la présidentielle y voit "un crime contre l'humanité". "Je n'utiliserais pas le terme de crime contre l'humanité", a réagi la ministre du Logement, précisant qu'il s'agissait là d'une "notion juridique" pas forcément adaptée ici et qu'il fallait "utiliser les bons mots au bon endroit". Cela dit, elle partage le fond du constat de son ancien collègue au gouvernement :

La colonisation fait partie de notre histoire et c'est une horreur de notre histoire, il faut le dire. La France doit reconnaître ses erreurs comme ses gloires [...]. Et c'est pas les seules erreurs de la France, c'est celles aussi de la Grande-Bretagne, de l'Italie, des autres pays qui ont colonisé d'autres continents.

Emmanuel Macron (comme d'autres) souligne également les "éléments de civilisation" apportés par la colonisation, ce que d'aucuns ont pu qualifier de "rôle positif" de la colonisation. Ce avec quoi Emmanuelle Cosse n'est *pas franchement* d'accord :

Je ne dirais pas ça, quand vous annihiliez une population, ne cherchez pas les effets positifs. Il y a eu des effets positifs certainement pour celles et ceux qui ont exploité les matières première et qui continuent à le faire. Je pense à certains groupes français. 

Donc je pense [qu'il est] important de dire des choses assez simples, mais je dis simplement que crime contre l'humanité, c'est une notion très particulière. Il s'agit d'une extermination, [d'un] plan concerté, je crois que ce n'est pas approprié à la situation.

Un avis partagé par la professeure d'histoire Laurence De Cock :









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