L'autre raison pour laquelle Marine Le Pen n'ira pas en Grande-Bretagne faire la campagne du Brexit

Publié à 16h58, le 07 juin 2016 , Modifié à 18h24, le 07 juin 2016

L'autre raison pour laquelle Marine Le Pen n'ira pas en Grande-Bretagne faire la campagne du Brexit
Marine Le Pen © AFP

IN / OUT - Marine Le Pen n'ira pas en Grande-Bretagne d'ici le 23 juin, date du référendum sur la sortie, ou non, de l'Union européenne. La présidente du Front national, favorable au Brexit, a choisi de ne pas traverser la Manche et de laisser la perfide Albion décider seule de son sort. La nouvelle circulait déjà depuis des jours. Sortant de son silence relatif, la cheffe frontiste l'a confirmé ce mardi 7 juin à L'Opinion.

Officiellement, l'accueil glacial reçu au mois de mars dernier par Marine Le Pen au Québec n'a pas influencé la décision de la présidente du FN. Affronter les british hostiles à l'élue d'extrême droite est un risque que l'intéressée aurait pu prendre. Si Marine Le Pen a décidé de ne pas aller faire la campagne du Brexit, c'est pour ne pas donner l'image d'une dirigeante étrangère venant faire la leçon à un peuple souverain. C'est ce qu'avait déjà déclaré sa collègue eurodéputée Janice Atkinson, début juin au Figaro. Marine Le Pen le répète, ce 7 juin, à L'Opinion. Elle dit :

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On m’avait invitée. Mais je dois dire que j’ai été refroidie par l’intervention inadmissible de Barack Obama. Venir menacer un pays pour le contraindre à voter contre ses intérêts est une démarche tellement odieuse que je préfère ne pas prendre le risque qu’on puisse imaginer que ma démarche aurait quelque chose à voir avec une ingérence quelconque.

 

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En avril, Barack Obama avait menacé le Royaume-Uni en cas de sortie de l'Union européenne. "Certains pensent peut-être qu'il y aura un accord de libre-échange USA/Royaume-Uni mais cela n'arrivera pas de sitôt. […] Le Royaume-Uni sera en queue de peloton", avait lancé le président américain à l'occasion d'une conférence de presse, à Londres, avec David Cameron.

Pas question, donc, pour Marine Le Pen, de donner une image semblable en invitant les Britanniques à voter pour le Brexit. On notera que la présidente du FN avait eu un peu moins de retenue, en mars, lorsqu'elle avait critiqué la classe politique canadienne, expliquant à la télé et radio québécoises que les élus du coin vivaient "au pays des Bisounours. "Mon combat, ce n’est pas de faire sortir la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Mon combat, c’est l’existence de référendums dans les pays de l’Union européenne", précise-t-elle tout de même à L'Opinion, estimant que la France, avec l'euro, a "cent fois plus de raisons de sortir de l’Union européenne que les Anglais".

Il existe cependant une autre raison pour laquelle Marine Le Pen ne se rendra pas outre-Manche d'ici au 23 juin. Eh non, cela n'a rien à voir avec les lacunes de la cheffe frontiste dans la langue de Shakespeare. Il s'agit tout simplement de la possible victoire du Brexin. C'est ce que confie un haut cadre du FN au Lab qui se dit, lui-même, toujours très pessimiste avant une élection. Ce ténor raconte :  

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Elle ne va pas y aller pour ne pas donner l'impression de dire à un peuple ce qu'il a à faire. Et puis il y a aussi la probable victoire du Brexin. Si le Brexin l'emporte face au Brexit, il ne faudrait pas être associé à cette défaite.

 

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La perspective de s'engager dans une campagne étrangère – et de voir son camp défait – ne serait en effet pas de bon augure à moins d'un an du prochain scrutin présidentiel français. Un dernier dernier sondage laisse pourtant croire que le Brexit va l'emporter en Grande-Bretagne le 23 juin mais, visiblement, du côté de Nanterre, on préfère rester prudent. 

Du rab sur le Lab

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