Nicolas Bedos regrette d'avoir signé le manifeste des "343 salauds" à cause du profil des autres signataires

Publié à 07h16, le 01 novembre 2013 , Modifié à 07h25, le 01 novembre 2013

Nicolas Bedos regrette d'avoir signé le manifeste des "343 salauds" à cause du profil des autres signataires
Nicolas Bedos en 2012 (Maxppp).
Image Delphine Legouté

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Des 18 premiers signataires du "manifeste des 343 salauds", il est le seul depuis le début de la polémique à s'exprimer sur le sujet ... et rétropédale sec. Nicolas Bedos fait son mea culpa à la fois dans une tribune sur le site internet de Elle et interrogé par Le Parisien de ce 1er novembre.

Des regrets sur la forme oui. Mais pas sur le fond. L'humoriste explique ainsi comment, contacté par Elisabeth Lévy, directrice de la direction de Causeur à l'initiative du manifeste, il a jugé bon de participer à cette "blague", cette "simple provoc libertaire" pour exprimer son désaccord avec la pénalisation du client envisagée par le gouvernement.

Nicolas Bedos ne "supporte pas les politicards lorsqu'ils viennent nous imposer leur vision des "bonnes moeurs" dans le seul but de se faire mousser", rappelle qu'il s'oppose à la violence, à l'exploitation et au trafic des êtres humains mais invoque ces "nombreux témoignages de prostituées qui défendent leur droit à vendre leur corps".

Le sens de la pétition n'est donc pas le problème :

Je rappelle que le texte – dans son ensemble – est assez mesuré. Depuis hier, je l’ai relu à vingt reprises en changeant plusieurs fois de lunettes, et ce n’est pas lui qui me fait rougir ce soir.

Si l'humoriste se désolidarise, c'est à cause des signataires. Il vise Eric Zemmour, Ivan Rioufol du Figaro ou encore Basile de Koch, le mari de Frigide Barjot, et souligne que "la liste des signataires fait autant sens (si ce n'est davantage) que le texte qu'ils paraphent" :

Elisabeth Lévy s’est bien gardée de me donner la liste nauséabonde des signataires qu’elle avait déjà dans son sac. Au contraire, on m’a fait miroiter les noms d’Emmanuel Carrère, Yann Moix ou Franz-Olivier Giesbert.

Pour lui, ce texte ne pouvait être qu'immédiatement "disqualifié" d'autant plus que le sous-titre "Touche pas à ma pute" est "d'une vulgarité [qui] étouffe toute résonnance humoristique" : 

Croyez-vous qu’un texte, eût-il eu le mérite de créer un débat légitime, soit audible dès lors qu’il est totalement disqualifié par une liste de réacs notoires dont certains ont fait preuve d’une misogynie militante.

BONUS TRACK

Lui n'a pas quitté le navire mais s'est fait embarquer contre son gré. Elisabeth Lévy signe le 31 octobre un billet sur le site de Causeur pour retirer au producteur et réalisateur Daniel Leconte son statut de "salaud". Elle reconnait avoir "cru qu'il avait donné son accord pour signer". Et en fait non.

Au 1er novembre au matin, les noms de Nicolas Bedos et Daniel Leconte étaient cependant toujours au pied du manifeste, désignés comme "premiers signataires".

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