Nicolas Sarkozy : "Bayrou c'est comme le Sida... Quiconque le touche meurt !"

Publié à 08h37, le 08 avril 2015 , Modifié à 19h33, le 08 avril 2015

Nicolas Sarkozy : "Bayrou c'est comme le Sida... Quiconque le touche meurt !"
© Images AFP
Image Etienne Baldit


LA GRANDE CLASSE - Nicolas Sarkozy n'a visiblement pas entendu l'appel à "pardonner les offenses" de François Bayrou, lancé par Alain Juppé. Loin de là. Son mépris pour le président du MoDem est même à son comble, à en croire des propos du patron de l'UMP rapportés par Le Parisien mercredi 8 avril.

Selon le quotidien, Nicolas Sarkozy a récemment confié à ses proches :

Bayrou, c'est comme le Sida... Quiconque le touche meurt !

Une attaque d'une rare violence. Rappelons toutefois, puisque cela semble nécessaire, qu'on ne "meurt" pas en "touchant" une personne séropositive.

Mais ce n'est pas la première fois que l'ancien président présente le maire de Pau sous l'angle des maladies qu'il propagerait. En juillet 2014, il avait blagué sur la grave pneumonie de Jean-Louis Borloo, qui venait alors d'officialiser le rapprochement de son parti, l'UDI, avec le MoDem. À son ancien ministre de l'Écologie, il avait dit :

Tu te rends compte ? T'as passé cinq ans avec Chirac, t'as pas eu un rhume. Cinq ans avec moi, pas une grippe. Tu passes un an avec Bayrou, on a failli t'arracher un poumon.

Pas sûr que, cette fois-ci, François Bayrou considère comme un "honneur" d'être ainsi pris à partie par Nicolas Sarkozy. Manière pour ce dernier de s'en prendre à Alain Juppé, le maire de Bordeaux et candidat à la primaire de 2016, qui plaide pour une alliance avec le centre, MoDem compris. Quitte à essuyer les sifflets des partisans de l'ancien chef de l'État. Et les railleries du patron de l'UMP.

[Edit 11h35]

La responsable de la communication de Nicolas Sarkozy, Véronique Waché, a tenu à apporter sur Twitter un "démenti ferme et absolu" aux propos qui sont prêtés au président de l'UMP :





[Edit 12h40]

L'association de lutte contre le Sida AIDES a réagi par le biais d'un communiqué. Son président Bruno Spire y écrit avec ironie :

Cher Nicolas Sarkozy, nous vivons avec le "sida" et malgré le dégoût que vos propos nous inspirent, nous vous embrassons bien fort. Surtout ne vous inquiétez pas, vous ne risquez rien.

L'association poursuit :

Ces propos ne sont pas seulement vulgaires et infâmants, ils renvoient aussi les personnes séropositives à 30 ans de stigmatisation, de clichés et de discriminations de toutes sortes. Alors que les progrès de la médecine ont considérablement évolué, AIDES rappelle que plus d'une personne séropositive sur deux continue à souffrir d'exclusion sociale et d'isolement affectif.

Ces déclarations sont indignes d'un responsable politique. Elles confirment le talent inégalé de l'ex-chef de l'état pour désigner à la vindicte populaire des catégories de citoyens.

Au nom de toutes les personnes concernées, AIDES exige des excuses. Nous appelons toutes celles et tous ceux qui ont été choqués par ces propos, à demander immédiatement des comptes à Nicolas Sarkozy sur son compte Twitter, Facebook et tout autre moyen à disposition, pour lui faire réaliser l'infamie de ses propos.

Un appel au spam en bonne et due forme :





[Edit 14h09]

Au PS, l'ancien sénateur socialiste Jean-Pierre Michel a pris directement à partie Nicolas Sarkozy sur Twitter. Il a déclaré: 





Le conseiller régional d'Île-de-France Jean-Luc Romero s'est aussi adressé à l'ancien chef d'Etat via Twitter. Premier homme politique à avoir révélé sa séropositivité au VIH, en mai 2002, l'élu socialiste a déclaré:

Il y a quelques années, vous m'avez souvent serré la main M. Sarkozy et vous n'êtes pas mort. Et, oui, je vis avec le sida depuis 27 ans...

Le député PS de Seine-et-Marne Olivier Faure a critiqué le sens du timing de Nicolas Sarkozy et sa déclaration quelques jours après le Sidaction. Il tweete:





[Edit 19h30]

Dans un message publié sur Facebook dans l'après-midi de mercredi, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il portait plainte contre Le Parisien. Il a expliqué :



J’ai chargé mon conseil, Maître Thierry HERZOG, d’engager immédiatement des poursuites judiciaires qui s’imposent du chef de diffamation contre l’auteur de cet article, le Directeur de la publication ainsi qu’à l’encontre de tous ceux qui ont reproduit ou reproduiront ces allégations mensongères. Tout n’est pas permis en politique. Tant mes convictions personnelles que mon engagement politique dans la lutte contre le sida viennent leur apporter un démenti catégorique.

Du rab sur le Lab

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