Opposée au Pass Contraception, une élue LR anti-mariage pour tous veut apprendre aux jeunes à "aimer avant de jouir"

Publié à 13h32, le 12 juillet 2016 , Modifié à 13h45, le 12 juillet 2016

Opposée au Pass Contraception, une élue LR anti-mariage pour tous veut apprendre aux jeunes à "aimer avant de jouir"
Anne Lorne © Capture Facebook
Image Sylvain Chazot


Elle a un curriculum-vitae, *pour employer un langage un peu particulier*, long comme le bras : anti-mariage pour tous, déléguée régionale de Sens commun en Auvergne-Rhône-Alpes, secrétaire nationale à la Petite Enfance au sein du parti Les Républicains, conseillère régionale LR et future candidate LR aux élections législatives dans le Rhône, etc.

Mais là n'est pas l'essentiel.

Anne Lorne, c'est avant tout une vision de la société, l'assurance que, au sein de l'exécutif d'Auvergne-Rhône-Alpes et peut-être, en 2017, au cœur de l'Assemblée nationale, certaines valeurs sont prônées.  

Le 7 juillet, par exemple, l'élue LR s'est opposée au Pass Contraception. C'est son combat et cela tombe bien, elle n'est pas la seule à le porter. Dès avril, la nouvelle majorité de la région Auvergne-Rhône-Alpes présidée par Laurent Wauquiez réfléchissait à une baisse du financement par la région du Pass Contraception, dispositif mis en place 2011 et qui permet aux jeunes de 14 à 25 ans de bénéficier de consultations et de moyens de contraception gratuits.

Anne Lorne est résolument contre ce système. "Si je suis favorable au soutien de la région en matière d’aides à l’accès à la culture, aux loisirs, aux sports, à la santé, sans critères de ressources, je suis fermement opposée au Pass Contraception", écrit-elle, le 8 juillet, sur son site internet, estimant que la prévention en matière sexuelle doit relever non de l'État mais des parents. Elle ajoute :

Le Pass Contraception est l’aveu d’échec d’un système qui ne s’emploie pas à donner une éducation affective et sexuelle respectueuse de la dignité de la personne humaine.

En tant que Conseillère Régionale, je me battrai pour que dans nos lycées les jeunes apprennent à aimer et à gérer leurs émotions avant qu’ils apprennent à jouir. Je militerai pour qu’on leur enseigne à considérer l’autre comme une personne infiniment respectable, et non comme un vulgaire objet de jouissance. Alors que le corps humain est de plus en plus malmené, il est urgent de transmettre ces valeurs éthiques.

Anne Lorne veut ainsi promouvoir "une meilleure formation initiale des personnels médicaux", "des rencontres au lycée entre personnels éducatifs, élèves ET parents" et aussi "les associations qui œuvrent sans idéologie dans ce sens sur tout le territoire". "Sans idéologie". Exactement le même argument utilisé en 2015 par Marion Maréchal-Le Pen lorsqu'elle expliquait, devant la Manif pour tous, que si elle était élue présidente de PACA, elle supprimerait les subventions de la région au Planning familial.

Médecin de formation (et socialiste par-dessus le marché), Olivier Véran ne partage pas vraiment la positon d'Anne Lorne. Le conseiller régional PS d'Auvergne-Rhône-Alpes lui répond ce mardi 12 juillet, sur son propre blog. Il dénonce "une vision patriarcale de la société". "Une jeune femme appartiendrait d’abord à ses parents avant que d’appartenir à son conjoint. Il reviendrait aux parents d’autoriser le moment venu ses enfants à connaitre la sexualité", écrit-il. Il ajoute :

Anne Lorne mélange deux choses : l’apprentissage du respect de son corps et celui de l’autre, qui relève d’une politique globale d’éducation sexuelle ; et accès à une contraception facilitée pour des jeunes parfois éloignés des dispositifs classiques pour des raisons familiales, financières ou autres, et qui vivent une sexualité qui peut être tout à fait épanouie.

Conseiller régional, j’aimerais qu’un débat puisse se tenir rapidement autour du rôle de la région dans les politiques de santé sexuelle, afin de lever toute ambiguïté. L’inquiétude est forte : abordant la sécurité dans les lycées, Laurent Wauquiez avait vite fait le choix incohérent et inapplicable de portiques de sécurité. Je ne voudrais pas qu’on puisse laisser croire que des ceintures de chasteté morale pourraient répondre aux enjeux de la lutte contre les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmissibles.

En avril, Laurent Wauquiez avait qualifié de "fantaisiste" l'idée selon laquelle la région pourrait supprimer le Pass Contraception.





Visiblement, cela n'a pas suffi à éteindre les inquiétudes. La question se posera encore très certainement dans les prochains mois puisqu'on le répète, Anne Lorne est candidate LR pour les législatives dans le Rhône

Du rab sur le Lab

PlusPlus